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Vision d’artiste #3 – Det Svarta Landet

Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?
Je suis l’artiste derrière le projet français de dungeon synth / folk ambient Det Svarta Landet. J’ai commencé à composer il y a un peu plus d’un an et j’ai une demi-douzaine de sorties à mon actif. Toute la musique de Det Svarta Landet porte sur un univers que j’ai créé, et que je continue à façonner régulièrement, depuis deux ou trois ans.

Quels groupes/projets t’ont initié à la musique ?
Initié à la musique je ne sais pas, je n’ai jamais vraiment été musicien, mais mes premiers contacts avec le dungeon synth ont été rendus possibles grâce à la découverte de Verminaard et d’Erang. De manière générale, j’ai toujours beaucoup écouté de black metal et de musique folk ou traditionnelle, donc j’imagine que les caractéristiques de ces deux genres peuvent parfois être retrouvées dans ma musique, au moins concernant leur esprit.

Quels groupes/projets t’ont donné envie de commencer toi-même à faire de la musique ?
Comme je l’ai dit précédemment, je n’avais jamais réellement fait de musique avant de commencer à composer avec Det Svarta Landet. Mais lorsque j’ai découvert le dungeon synth ainsi que certains artistes au travail un peu plus minimaliste, je me suis dit que je n’avais de toute manière rien à perdre, donc j’ai tenté ma chance. On peut d’ailleurs voir que la musique présente sur mes deux ou trois premières sorties est assez peu recherchée par moments. Les projets qui m’ont inspiré sont donc des projets dont la musique est peut-être plus ambient et minimaliste que celle des autres, je pense notamment à Mystic Towers ou évidemment Burzum (période carcérale ou récente). Ma musique ne ressemble pas à la leur mais ce sont notamment ces projets qui m’ont poussé à essayer d’apporter ma pierre à l’édifice du dungeon synth.

Y a-t-il un(e) artiste qui te fascine tout particulièrement ?
Il y en a tant… Pour l’originalité, on repassera, mais le travail de Burzum est absolument fascinant lorsque l’on constate ce que Vikernes arrive à faire avec trois notes et une plage atmosphérique. Il n’y a définitivement que lui qui arrive à porter l’auditeur à ce point avec une musique aussi pauvre et/ou répétitive. Dans une branche plus festive, je ne peux pas ne pas parler de Darkstroll, qui manie les mélodies accrocheuses comme personne. Il est l’un des rares artistes de dungeon synth (même si ça musique est peut-être plus folk ambient) dont la musique donne réellement envie de bouger. Dans deux registres bien distincts, ce sont vraiment deux artistes qui me fascinent beaucoup.

Quelle est ta manière de composer ?
Je n’ai pas de méthode particulière, même si globalement je dirais qu’il y en a deux qui reviennent assez souvent. La première consiste à trouver une mélodie de base, que j’agrémente au fur et à mesure avec une plage atmosphérique, des percussions ou simplement de quoi faire varier un peu le titre sur la durée. La deuxième est bien plus aléatoire et convient davantage aux titres ambient. Dans ce cas, je laisse mes doigts se balader grossièrement sur mon clavier et en me laissant porter par ce que je veux évoquer par le biais du titre en préparation. J’essaie de bannir cette méthode parce que, même si elle a donné naissance à des titres que j’aime beaucoup, elle confère également à ma musique un aspect un peu hasardeux que je n’aime pas du tout.

Qu’est-ce qui t’inspire en-dehors de la musique ?
En premier lieu, c’est évidemment l’univers que je m’évertue à créer qui m’inspire le plus. J’essaie de situer chaque titre et chaque sortie de manière précise dans le temps ou dans l’espace. Plus le temps passe, plus j’ai une idée bien précise de ce que je veux dépeindre à l’aide de ma musique, ce qui me prouve que ma musique me sert aussi à mieux visualiser les choses dans mon univers. Mais sinon, évidemment, la musique que j’écoute au quotidien m’inspire beaucoup pour que je fasse en sorte de m’améliorer sur le plan technique. Que ce soit le dungeon synth old school, celui plus récent, ou simplement certains projets dark ambient, j’essaie de prendre l’inspiration un peu partout pour enrichir mon travail.

Que cherches-tu à transmettre quand tu composes ?
L’évasion, le dépaysement, comme une bonne partie des projets dungeon synth je suppose. C’est en tout cas ce que je recherche lorsque j’écoute moi même du dungeon synth, j’essaie donc de faire naître ce genre de chose par la suite dans ma musique. J’aime aussi essayer de transmettre la peur, la tristesse, ou simplement une certaine idée de la beauté. Tout dépend de l’album ou du titre en question, mais j’essaye de faire varier le climat de ma musique, même au sein d’une même sortie. Essayer de sortir l’auditeur de sa zone de confort d’une certaine manière, lui faire vivre quelque chose.

Que penses-tu de l’évolution du dungeon synth ?
Je suis un grand amoureux des productions traditionnelles (je pense notamment à Kobold, Snarling Clearing, Mystic Towers) donc je suis très content de voir que tous les artistes n’ont pas succombé au charme champêtre du dungeon synth « moderne » et porté sur des sonorités plus riches et plus mélodieuses. Je ne baigne pas depuis très longtemps dans le milieu donc je ne pense pas pouvoir juger de l’évolution avec suffisamment de précision, mais j’apprécie le fait que le genre demeure intimiste. Le fait de pouvoir s’adresser directement aux artistes, d’avoir une communauté à taille humaine ou encore de pouvoir aborder facilement chaque acteur de la scène, auditeur et label compris. Ce côté intimiste et indépendant me plaît beaucoup et je pense qu’il contribue au charme de la scène et du genre dans des proportions que l’on a du mal à imaginer. J’avais par exemple quelques scrupules à proposer des CD dont la pochette est dessinée à la main pour la sortie de ma compilation, mais ils ont été vendus tellement vite que je n’ai pas eu plus de temps pour me poser des questions.

Quels sont tes projets à court et moyen terme ?
Difficile à dire, je viens de sortir une compilation et un EP, les quelques retours que j’en ai sont plutôt bons. Je vais peut-être prendre un peu de temps pour réfléchir à ce que je veux pour la suite du projet. Cinq sorties ont vu le jour en 2017, je pense que la prochaine ne sera pas prévue pour tout de suite. Mais tout peut aller très vite, parfois je ne compose rien pendant plusieurs semaines tout comme je peux avancer très vite sur une courte période. Je peux en tout cas dire que toutes mes sorties seront éditées au format cassette dans peu de temps par un label étranger. Je donnerai plus d’informations une fois les sorties confirmées.

Merci à Det Svarta Landet pour le temps qu’il nous a accordé.


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