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Interview – Belenos

Belenos fait parti des piliers de la scène black metal française. Depuis plus de deux décennies maintenant, Loïc Cellier mène son projet. Après son excellente prestation au Samaïn Fest, l’envie est venue de donner la parole à celui qui offre, album après album, un florilège admirable de black metal porté par l’amour de la culture celte. 

Bonjour Loïc. J’écris ces questions quelques temps après ton concert du Samaïn fest. Es-tu satisfait de cette date ?
Plutôt satisfait mais beaucoup de points auraient pu être mieux gérés. Nous n’avions pas notre ingénieur son ce soir-là, et nous étions peu préparés suite à une pause concert de cinq mois. et le recrutement puis la formation un peu à l’arrache d’un nouveau guitariste. On a donc fait « au mieux » comme très souvent, après tant que les spectateurs repartent de là satisfaits, ça me va !

Le Samaïn Fest représentait-il une date spéciale pour toi ? Je pense à l’importance de la culture celtique et bretonne présent chez Belenos.
Oui le concept du concert est proche du notre avec en toile de fond la langue bretonne en commun, c’est définitivement une bonne adresse ce festival !

J’ai cru lire quelque part que tu avais déjà commencé l’écriture du prochain Belenos. Serais-tu d’accord pour nous en dire un peu plus sur ce futur album ?
Oui en effet. Dès la sortie de Kornôg en septembre 2016, je me suis remis au travail et très vite sont apparus des débuts de morceaux que j’ai souhaité finaliser au plus vite, ainsi à l’heure où je parle, hormis un titre qui demande encore à être étoffé, les huit autres pourraient bien être finis, mais comme d’habitude, les meilleures idées de dernière minute apparaissent au moment de l’enregistrement, après une bonne période de maturation/recul (généralement une année complète au minimum). Je suis actuellement dans cette période et je vais en profiter pour essayer de faire les textes et faire des essais de pochette durant ces six prochains mois, ainsi, si je ne suis pas trop dérangé (par des concerts notamment), je peux envisager l’enregistrement dès l’été 2018 en espérant que celui-ci ne s’étale pas sur quinze mois ! Mon objectif, que ça sorte début 2019, soit deux ans et demi après Kornôg, ce qui est le délai « normal » pour un groupe, faire plus court me semble impossible pour proposer un truc irréprochable.  Donc, que dire de plus,  il devrait contenir au moins neuf titres, dont une reprise assez particulière, les morceaux seront plus courts, plus directs, assez variés dans l’ensemble, probablement un peu plus « pagan » que Kornôg, finalement assez proche d’un Spicilège. Ce nouvel album devrait s’intituler Argoat

Dans une interview que tu avais donnée il y a quelques années, tu disais ne plus avoir la même foi dans le metal qu’avant. En écoutes-tu toujours ? Écoutes-tu d’autres genres de musique ?
Très honnêtement j’en écoute peu, voire presque pas du tout. Cela peut paraître insensé mais je pense que mes oreilles et mon cerveau ont eu leur dose depuis vingt-cinq ans… Je ne renie rien, mais j’ai levé le pied pour ne pas m’over gaver et décrocher totalement comme j’ai pu le voir chez bon nombre de personnes. Un élément qui compte beaucoup dans ce comportement, c’est que je suis quasi constamment en train d’écrire des morceaux ou de les enregistrer, durant ces périodes, je ne m’autorise peu voire pas d’écoutes, qui pourraient biaiser mon inspiration. À de rares moments, j’écoute les dernières productions de certains groupes (majorité de death et black), en temps normal j’écoute plus de musique classique, atmo/ambient et un peu de musique bretonne que du metal.

Gardes-tu un attachement particulier pour le black metal ?
Seulement un attachement lié au passé quand je découvrais en temps réel la vague noire des années 1995 à 2000. Là, actuellement, il y a très peu de groupes de black qui m’intéressent, ou alors il faut que ce soit vraiment novateur et hyper bien foutu, écouter du revu ou réchauffé pour moi ça n’a aucun intérêt, même si c’est bien fait. Je vais passer pour un gros blasé en disant ça mais c’est la réalité.

Quelles sont tes références en matière de black metal ?
Elles viennent surtout de Norvège, des années 1990, avec les débuts d’Emperor, Satyricon, Enslaved, Burzum, Storm, puis dans une moindre mesure Immortal, Summoning, Windir et Belphegor. J’ai gardé très peu d’albums chez moi, je ne dois pas avoir plus de soixante ou soixante-dix CD.

As-tu un véritable attachement à la culture celtique, est-ce quelque chose qui te suis au quotidien ? Ou explores-tu simplement cette thématique par intérêt sans que cela n’ait de véritable impact profond ?
N’étant pas breton à la base, c’est une culture que j’ai adoptée dès les années 2000, car elle m’intéressait grandement (et pas que pour le groupe), je me retrouvais à fond dedans. Depuis dix ans je vis en zone campagnarde « bretonnante » donc oui, on pourrait dire que je vis quelque chose de celtique au quotidien avec le recul et une certaine fraîcheur que les locaux (parfois blasés) n’ont pas forcément. Je ne me vois pas vivre ailleurs ni autrement et cela va bien au-delà du groupe.

Peux-tu nous parler de tes références extra-musicales ? Ce qui a pu inspirer Belenos en-dehors de la musique ?
La culture bretonne/celtique, avec son lot de légendes, ses mystères, son ambiance particulière en tant que culture clairement identifiable, je ne vois pas grand-chose d’autre !

As-tu un avis à donner sur la scène metal actuelle ? Que t’inspire-t-elle ?
Étant très très déconnecté de la scène je ne suis pas au courant de tout, avec ce recul j’aurais quand même tendance à dire qu’il y a de plus en plus de ramifications, de sous styles, de mélanges de styles parfois harmonieux, parfois contre nature (exemple : du black « urbain »). Il y a encore des groupes qui innovent, mais ça commence à être difficile de faire mieux que tout ce qui a déjà été fait, au bout d’un moment ça tournera en rond…

Tu recrutes pour les concerts des membres live, mais comment se passe le processus de composition ? Écris-tu toujours tout tout seul ?
Oui. En dehors des activités scéniques, Belenos est une entité solitaire, c’est sous cette forme qu’elle est la plus efficace ! C’est la partie que je préfère, la scène je pourrais m’en passer, mais je joue le jeu avec modération, et un peu par obligation, car aujourd’hui, ne pas avoir de présence scénique régulière signifie automatiquement une baisse sensible de notoriété. Donc je fais tout de A à Z : écriture, musique et texte, artwork, enregistrement mixage, et bien sûr l’interprétation de tous les instruments (guitare, basse, voix, batterie), sauf ceux qui sont faits par des guests.

Comment vois-tu le fait que certains albums de Belenos aient acquis un statut culte avec le temps, et qu’ils soient cités comme des albums de référence du black metal français, voire du black metal tout court ?
Ah bon ? Je ne sais pas, j’ai juste joué au mieux ce qui me passait par la tête à un moment précis de la manière la plus sincère et de manière régulière sans retourner ma veste (à patchs). L’ancienneté du groupe et la discographie, qui commence à s’allonger, pèsent un minimum sur la notoriété, mais je ne pense pas que Belenos soit connu plus que ça (pratiquement pas à l’étranger – ça peut se vérifier très facilement – et « connu un minimum » dans les pays francophones).

Comment expliques-tu que malgré toutes ses évolutions, c’est le black metal le plus pur, celui des origines, qui semble encore provoquer le plus d’émotion et de ferveur chez ses auditeurs ?
Peut-être parce qu’à l’époque les mecs, souvent très jeunes, n’avaient aucun objectif, mais avaient en revanche de l’énergie noire et rebelle à revendre. Ils jouaient avec sincérité et spontanéité en se moquant des moyens techniques rudimentaires et donc du son final et c’est ce tout qui fait la magie de cette époque-là, c’est aussi à ce moment-là que « tout » a été inventé dans le black

As-tu des recommandations à faire à nos lecteurs en termes de musique celtique et bretonne ? Des groupes ou des musiciens que tu souhaiterais faire découvrir ?
En musique Bretonne, je dirais certains titres de Denez Prigent, le bagad de Saint Nazaire et Storvan, qui n’existe plus je pense. Je reste toujours un grand amateur de Sophia et Arcana en atmo/ambient/industriel.

Merci à Loïc pour son temps et sa musique. 

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