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Live Report – Satyricon – Bergen

Après avoir notamment écumé l’Amérique du sud dans le cadre de la tournée promotionnelle pour la sortie de Deep Calleth Upon Deep, l’illustre formation Satyricon est en ce moment à la maison avec un certain nombre de dates sur le sol norvégien. C’est le donc le 29 novembre dernier que j’ai eu la chance de me rendre au concert organisé à Bergen, et cette date fut d’autant plus incontournable que la Norvège, ou du moins Bergen, est un désert innommable en matière de concerts, même si l’on considère le metal de manière générale… Profitons en tout cas de la venue de Satyricon à sa juste valeur.

Le soleil est couché depuis belle lurette et le froid est particulièrement mordant lorsque la petite trentaine de spectateurs agglutinée à l’entrée de Hulen peut enfin investir les lieux. La salle est atypique. Située au coeur d’un réseau de galeries souterraines ayant servies pendant la guerre, elle offre un cadre absolument parfait à toute forme de musique sortant des sentiers battus, et il est de plus très appréciable d’avoir l’occasion de voir se produire Satyricon dans un cadre un peu plus intimiste. Après avoir attendu une bonne heure depuis l’ouverture des portes, le concert est en passe de démarrer, et les nombreux spectateurs, souvent le verre à la main, se rapprochent de la scène. Que la fête commence.


Les musiciens traversent la fosse tour à tour pour se positionner sur la scène. Légèrement maquillé pour l’occasion, un perfecto sur le dos, Satyr attire d’emblée toute l’attention sur lui, avant même le début des hostilités. Malgré la taille de la scène, chaque musicien semble à son aise. Le groupe entame son set de manière habituelle avec « Midnight Serpent » et instaure de suite une ambiance très prenante. On reconnaît la marque des grands au sérieux de leur prestation, et la chose se vérifie très facilement avec Satyricon. Le son est quasiment parfait, à de rares exceptions près, et tous les musiciens font preuve d’un talent et d’une maturité qui forcent le respect.

Tout le monde, sur scène comme dans le public, prend visiblement beaucoup de plaisir, et la prestation des norvégiens est réglée comme du papier à musique. Comme à son habitude, Satyr se mue en véritable bête de scène pour monopoliser l’attention et interagir avec le public. Ce dernier est d’ailleurs invité à participer lors de certains morceaux, citons l’excellent « Mother North » à titre d’exemple, au cours duquel l’ami Sigurd tend le pied de micro en forme de fourche en direction du public pour qu’il reproduise les fameux choeurs du morceau. Parmi les musiciens live, seul Attila se permet d’haranguer quelque peu le public, la chose contrastant ainsi avec le jeu plus sobre de Neddo, Azarak et Anders. Derrière sa batterie, Frost se montre intraitable, jetant parfois d’obscurs regards en direction du public.


Clairement, l’impression qui prime est celle que Satyricon entend bien faire plaisir au public norvégien. La proximité offerte par la taille de la salle joue sans doute, mais Satyr interagit en tout cas beaucoup avec son public, et la communion est très belle entre ce dernier et les membres du groupe. L’ambiance est d’ailleurs au beau fixe, avec des spectateurs qui répondent présent et qui connaissent parfois les paroles des différents titres sur le bout des doigts. Je dois avouer que je m’ennuie beaucoup à l’écoute des derniers albums de Satyricon, mais sur scène et en prenant en compte le charisme de Satyr, tout devient beaucoup plus prenant et il est à ce titre difficile de ne pas vibrer au son des titres les plus récents.

Le moment fort de la prestation est clairement celui de « Mother North », situé entre « Transcendental Requiem of Slaves » et le premier rappel. Il est toujours frissonnant d’avoir l’occasion d’entendre un titre d’une telle beauté, même si la guitare est un poil en retrait. Cela ne gêne en tout cas en rien son interprétation, et cet instant ramène volontiers le public à l’époque des premiers émois black metal du groupe. Le concert se clôt sur un deuxième rappel et l’interprétation de l’évident « K.I.N.G ». Puis les musiciens se réunissent devant leur public avant de le saluer par deux fois. Une fin en apothéose avec des spectateurs en extase total.


Si nous devions pinailler, peut-être devrions nous montrer du doigt l’absence de première partie. Difficile de savoir s’il s’agissait d’un choix du groupe ou non, toujours est-il que ce n’est pas en agissant de la sorte que la scène norvégienne risque de vivre une seconde jeunesse. Il s’agissait en tout cas d’un concert exceptionnel de la part d’un groupe absolument intraitable sur scène. Autant le duo Frost – Satyr se montre peut-être discutable sur album, autant il met tout le monde d’accord en live. Belle soirée que voici à Hulen, la salle ayant offert un cadre très intimiste et bienvenu au moment de voir un groupe de renommée mondiale telle que Satyricon. La chaleur de la salle laisse place au froid glacial au moment de quitter les lieux, comme pour rappeler au monde que le black metal norvégien sait très bien passer de l’un à l’autre…

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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