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Azziard – Metempsychose

Pays : France
Genre : Black Death Metal
Label : Malpermesita Records
Date de sortie : 8 Décembre 2017

Le tant attendu troisième album des français d’Azziard est enfin sur le point de voir le jour. Nouveau line-up, nouveau label (qui n’est finalement que l’une des deux scissions de Kaotoxin Records), mais surtout, nouvel univers thématique pour la formation de black death. Au moment de composer Metempsychose, Azziard s’est mué en grand analyste de la psyché humaine, notamment en explorant dans les moindres recoins le travail de Carl Gustav Jung, psychiatre suisse et grand fondateur de la psychologie analytique. Un gros travail a visiblement été abattu, mais qu’en est-il du résultat final ?


Dans nos lignes, concernant Azziard, nous en étions restés au split réalisé en compagnie de Nirnaeth. Une sortie de qualité, mais personne n’avait visiblement eu le moindre scrupule à sortir un split composé de deux malheureuses pistes. Le problème est loin et bien oublié, surtout lorsque l’on voit ce que nous propose Metempsychose. Ce dernier doit réellement faire office de charnière dans la carrière du groupe, qui se lance dans des thématiques fascinantes mais aussi titanesques. Comme évoqué plus haut, Metempsychose serait le premier album d’une série de sorties (Metempsychose étant le Liber Primus) se basant sur Le Livre Rouge, oeuvre majeure de Carl G. Jung, qui y aura consacré de nombreuses années de sa vie.

Les précisions thématiques me semblant indispensables dans le cadre de la chronique d’un album aussi recherché, on évitera malgré tout de tomber dans la logorrhée psychologique pure et simple, la musique restant ce qui nous intéresse de prime abord. Carl G. Jung s’est plongé dans un réel état de repli sur lui-même pour servir ses recherches, ce qui l’a amené à considérer de près un certain nombre d’émotions négatives au cours de ses recherches. Mais quoi de mieux que de relayer les dires de l’éditeur de l’édition française de l’ouvrage ? « Le Livre Rouge raconte, à la première personne, un voyage intérieur, une descente aux Enfers – du moins dans le chaos d’une âme troublée et indécise -, une exploration de ses propres désorientations et de ses tâtonnements à la recherche de solutions qui puissent redonner un sens à sa vie » ¹. Le méprise de l’être humain en tant qu’espèce semble également être au coeur des débats ici.

Trêve de jargon psychiatrique, concentrons à présent notre propos sur le plus important, la musique. Dès que les premières notes de « Premier Jour » résonnent, on constate le soin apporté aux arrangements et à la production. Azziard n’a jamais eu un son réellement sale, il n’empêche que des progrès ont été réalisés en ce sens. Mais ce qui frappe réellement, c’est l’aspect oppressant de Metempsychose, qui se montre de surcroît très présent sur l’album dans son entièreté. Toute la dimension psychologique de l’album prend forme au fur et à mesure que l’auditeur progresse dans les méandres obscurs façonnés par Azziard. Le groupe est réellement parvenu à retranscrire toute l’atmosphère malsaine du travail de Carl G. Jung dans sa musique.

L’ambiance est effectivement malsaine, mais pas uniquement. On constate également que la musique d’Azziard se veut très pointue et très rythmée. Rien n’est laissé au hasard techniquement, chaque sonorité a un rôle bien précis et évolue au sein d’une dynamique proprement implacable. La cadence endiablée ne laisse que peu de place à un éventuel répit, si bien que les occasions sont rares pour l’auditeur, secoué de toutes parts, de reprendre son souffle. Metempsychose s’apparente à cette espèce de mélange mi-suffocant mi-enivrant. Il est dangereux d’en abuser, mais il est également trop difficile de s’en passer une fois que l’on a posé ses lèvres dessus.

On a également plaisir à retrouver quelques sucreries, comme une liste d’invités tout à fait honorable, composée des vocalistes Julien Truchan (Benighted) et Psycho (Antilife, Hats Barn). Si vous suivez mes articles de près, vous savez à quel point j’apprécie le timbre de voix du second nommé, tout à fait propice à illustrer des thématiques telles que celles choisies par Azziard. Ses hurlements apportent une réelle dimension horrifique aux titres qu’ils subliment. Metempsychose se montre incroyable à bien des égards. Si son écoute est effectivement très éprouvante, elle permet également de vivre une expérience des plus singulières au rythme d’une musique écrasante et construite pour mettre à mal l’équilibre émotionnel de chacun. Le repos, ça n’est pas pour tout de suite…

Que dire, sinon qu’Azziard a peut-être signé l’un des albums de l’année ? On ne va pas davantage tourner autour du pot, par son travail de composition et de recherche, la formation française a frappé un grand coup sur la table. Je ne trouve rien à redire sur cet album, tant son potentiel et son efficacité sont grands. Metempsychose terrasse et accable d’un simple geste de la main, et son atmosphère presque architecturale résonnera encore en chacun bien après que la musique n’ait quitté les oreilles d’auditeurs meurtris. Une chose est sûre, Azziard a réussi son entrée au coeur du vaste travail de Carl G. Jung. On a hâte de voir la suite.

¹ – Extrait de l’interview de Bertrand Eveno, L’Express.

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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