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Electric Wizard – Wizard Bloody Wizard

Pays : Royaume-Uni
Genre : Stoner / Doom Bluesy
Label : Spinefarm Records
Date de sortie : 17 Novembre 2017

Electric Wizard n’a aucun auditeur. Il n’a que des fanatiques. On n’écoute pas Electric Wizard, on y plonge de manière totalement hermétique pour une, deux, trois heures, plusieurs jours… Au vu du statut plus que culte de la formation anglaise, et même si sa musique se trouve très éloignée de ce que nous vous proposons habituellement ici, votre serviteur avait prévu dès l’annonce d’un successeur à Time To Die d’écrire sur cet album à venir. On ne passe pas à côté d’Electric Wizard.

L’album avait été annoncé et pressenti comme une forme de retour aux sources, une démonstration de la puissance toujours vivace des origines. Time To Die était particulièrement noir, oppressant et goudronneux, à la limite du sludge. Ce Wizard Bloody Wizard se veut plus rock, plus blues, plus heavy… En un mot, plus sabbathien. Quiconque connaît les frasques d’Electric Wizard sait à quel point Black Sabbath est révéré par ses compatriotes. Du titre de l’album au ton des guitares, tout ici est fait pour vous rappeler les premiers Black Sabbath. À tel point que l’on est finalement plus proche d’un album de heavy rock très teinté de blues, joué simplement plus fort et plus lourdement que dans les années 1970.

L’album s’ouvre sur « See You in Hell ». Rythmique lourde, gros accords engoncés dans une saturation délicieuse assénée lentement et en boucle, basse monstrueuse et voix plaintive de Jus Osborn. Comme d’habitude, le sorcier déroule ses chansons sur de longues durées, se répétant encore et encore dans une simplicité technique totale. Cela marchait sur Come My Fanatics et l’immense Dopethrone, puis sur We Live et même sur les plus récents Witchcult Today et Black Masses. Ici… Le problème de la première chanson est sans doute celui qui caractérise tout l’album. Les riffs ne sont simplement pas assez bons. L’album est le plus court de la carrière du sorcier, mais ses chansons paraissent pourtant trop longues pour une grosse partie d’entre elles… Déjà sur les deux dernières minutes de l’ouvreuse, une certaine lassitude se fait sentir… Ce qui n’annonce rien de bon pour la suite.

« Necromania » suit, et se hisse sans problème sur le trône de la meilleure chanson de l’album. Riff absolument basique, rythmique entraînante, petits ponts à la Mötorhead des débuts typiquement rock’n roll, puis retour à un riff plus agressif et rentre-dedans que pourrait sans problème avoir écrit Tony Iommi. Une excellente chanson, addictive. « Hear the Sirens Scream » poursuit l’album dans la lenteur et la nonchalance, avec un riff de très bonne qualité et des parties de basse tout à fait plaisante… Mais là aussi la chanson se fait trop longue. On aurait gagné à en amputer deux bonnes minutes. Surtout que la chanson tient toute entière sur deux riffs… Une petite variation rythmique n’aurait pas non plus été du luxe.

À propos de rythmique, il faut râler un peu sur cette batterie anémique. Electric Wizard fait habituellement dans le simple et imposant, privilégiant les frappes fortes et un jeu de cymbale omniprésent. Ici, on sent une vraie volonté de rendre hommage au jeu de Bill Ward, mais il faut bien dire ce qui est… La batterie de Simon Poole manque de force et de puissance à un point tel qu’elle n’arrive pas à rendre assez lourds et martelants les riffs de Jus et Liz, un comble quand on y pense… Electric Wizard qui manque de lourdeur, c’est comme un concert de Deströyer 666 sans bagarre avec KK Warlust en backstage.

Comprenons-nous bien, la volonté du sorcier de revenir à une musique plus rock et plus blues ne pose aucun soucis à votre serviteur, qui adore de toute façon beaucoup d’albums dans cette veine. Et honnêtement, l’album s’écoute de façon très agréable en fond sonore. Le problème, c’est que l’on était en droit d’en attendre plus de la part d’un groupe d’une telle qualité essayant de livrer un album tel qu’ils les aimaient dans leurs années de formation musicale. On s’attendait à un album flamboyant de rock occulte, lourd et lent. À la place, on a un album sympathique, parfois très pataud, un peu longuet aussi parfois, et carrément moyen à certains moments.

« The Reaper» est sympathique, avec son délire classique de wah-wah sur fond de basse grognante et de clavier vintage. « Wicked Carcass » est simplement ennuyeuse avec sa mélodie tout juste sympathique poncée jusqu’à l’écœurement, et le final « Mourning of the Magicians » arrive à mêler ennui et une certaine forme d’hypnose, sans que l’on sache si la chanson est réellement bonne ou non. Plutôt oui, mais avec un arrière-goût pas tout à fait certain…

Sur cet album, le sorcier s’avère décevant. Agréable la plupart du temps, mais on l’attendait somptueux. N’essayez pas d’y trouver un nouveau Dopthrone, c’est là une quête perdue d’avance. Au mieux, vous y trouverez un album à la Black Sabbath par ses adeptes les plus fervents, qui auraient tout de même pu se fouler un peu plus pour rendre hommage à leurs dieux… Toujours aussi électrique, mais pas assez sorcier. 

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