1349 – Hellfire

Pays : Norvège
Genre : Black Metal
Label : Candlelight Records / Irond Records / Somber Music
Date de sortie : 24 Octobre 2005

Troisième album de la respectable discographie de 1349, Hellfire demeure aujourd’hui l’un des albums les plus marquants du groupe, et l’un des joyaux que nous a offerts la scène black metal norvégienne avant de décliner progressivement. Concentré incroyable de violence et de véhémence, Hellfire a vu le jour il y a désormais douze ans, respectivement un et deux ans après les excellents Beyond the Apocalypse et Liberation. L’occasion est aujourd’hui donnée de revenir sur son contenu, qui aura bousculé plus d’un auditeur imprudent.


Le nom de 1349 est relativement fameux dans le milieu, mais dans le doute, revenons sur le pourquoi d’un tel choix. L’année 1349 n’est autre que celle de l’arrivée de la peste en Norvège, qui aura décimé une bonne partie de la population du pays, comme ailleurs en Europe. D’entrée de jeu, ça annonce la couleur. La formation norvégienne est donc connue et reconnue pour son black metal brutal et très agressif, et ses trois premiers albums sont généralement très appréciés. Par la suite, le groupe aura alterné le moins bon et le mauvais, notamment avec Demonoir et Revelations of the Black Flame. Affaire de goût me direz-vous, toujours est-il que l’ire ancestrale du groupe avait peine à être retrouvée dans ces deux albums.

Mais ce qui nous intéresse ici, c’est évidemment Hellfire, véritable pilier de la carrière du groupe, sorti par différents labels en 2005. Par son caractère incroyablement belliqueux, l’album transmet une énergie folle en moins de temps qu’il n’en faut pour jurer face à sa surprenante efficacité. Mais Hellfire ne se contente pas d’être accrocheur et bas-du-front, il se distingue aussi par un son de guitare et une atmosphère très attrayants et quelques riffs bien sentis. La place n’est clairement pas laissée à la mélodie, mais quelques passages sur « Nathicana » et « From the Deeps » sont particulièrement bien pensés.

Il faut également garder à l’esprit que l’album ne dure pas moins de cinquante bonnes minutes, ce qui peut s’apparenter à une éternité dans le cas d’une musique aussi éprouvante. Pour autant, si l’auditeur parvient à rentrer correctement dans la musique du groupe, l’écoute entière de l’album offre une expérience riche en adrénaline et en envie de meurtre. Pour peu que l’on entre pleinement dans cet album, la seule chose qui prime est de parvenir à un déferlement de violence aussi important que celui déployé par 1349. Des titres tels que « I Am Abomination » ou « Sculptor of Flesh » donnent tout simplement envie de faire du mal. Hellfire est en effet un album qui transpire l’anti-religieux et la haine viscérale.

Sur le plan technique, la production est volontairement rendue imparfaite, mais l’on a malgré tout quelques regrets concernant la mise en retrait des guitares à cause de la batterie. Le jeu de batterie de Frost est tout bonnement incroyable, rien à redire là-dessus, mais il est parfois délicat de passer outre la rythmique pour mieux apprécier les quelques riffs de bonne facture de l’album. Ce dernier se clôt sur un titre éponyme bourré de symbolique dans la mesure où ce dernier dure très exactement treize minutes et quarante-neuf et secondes. Très travaillé et riche d’un climat délétère, « Hellfire » fait se terminer l’album en apothéose, histoire de mettre un point d’honneur à toute l’animosité vécue au son du travail de 1349.

C’est ainsi que se clôt l’écrasant troisième album des norvégiens de 1349. Il existe bien entendu plus violent et plus éprouvant que Hellfire, mais le groupe a réussi à faire de cet album un tout à la fois efficace, cohérent et galvanisant, pour le résultat que l’on connaît tous. Hellfire restera sans doute le moment fort de la carrière du groupe, surtout compte tenu de ses dernières sorties, qui ont parfois beaucoup déçu. Heureusement, les trois premiers albums demeurent et permettent à tous de faire connaissance avec un groupe parfois un peu en retrait vis-à-vis des grands noms de la scène norvégienne, mais dont le travail est au moins tout aussi louable.

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