Actualités

Moloch Conspiracy – The Burned Temple

Pays : France
Genre : Dark Ambient
Label : Cephalopagus Records
Date de sortie : 10 Octobre 2017

Il y a quelques semaines, je vous vantais les mérites de la dernière sortie d’Abysmal Growls of Despair, qui portait sur l’aura mystique entourant Ereshkigal, divinité majeure sumérienne. Aujourd’hui, nous allons grossièrement rester dans la même zone géographique en faisant toutefois un bond de quinze siècles en avant. Oui, c’est en Perse que l’artiste français Moloch Conspiracy prend son inspiration, avec ici un album de dark ambient consacré aux rites cachés des dieux vénérés par feu les Achéménides. Une thématique intéressante à défaut d’être complètement novatrice. Mais surtout, un climat noir et austère à souhait.


Il est une chose que l’on met trop souvent de côté au moment de traiter d’un album de dark ambient, et cette chose est la thématique. Ce n’est un secret pour personne, le dark ambient est un style de musique traditionnellement pauvre et davantage réservé aux diffusions en guise de fond sonore. Inutile d’aller à l’encontre de cela. En revanche, et là où son climat prend tout son sens lorsque la musique est réalisée avec soin, c’est lorsque l’on considère la thématique avec un minimum de soin. Un album lambda sera toujours plus intéressant si l’on sait ce que pourquoi l’artiste a procédé de la sorte ou non. Et avec l’album de Moloch Conspiracy, c’est la même chose.

L’Antiquité est une période fascinante à bien des égards, mais surtout concernant les différents cultes qui naquirent un peu partout sur le globe. Et bien évidemment, conformément à ce que nous apprend l’Histoire, le Moyen Orient fut à plus d’un titre une terre d’une richesse inégalable. Moloch Conspiracy choisit donc de traiter de tout cela au travers d’une musique tantôt sombre tantôt éthérée, et parfois porteuse d’une dimension ritualiste très intéressante. Le dieu Tiamat y est évoqué (lui qui fut à l’origine une divinité vénérée par les mésopotamiens), tout comme Baal, qui a d’ailleurs droit à un titre plutôt éclairé malgré le sacrifice qui est conté. On s’égare dans les méandres de la thématique, mais c’est justement ce qui donne corps à la musique de Moloch Conspiracy.

Mais soit, adoptons une approche plus technique quand à The Burned Temple. Nous sommes ici en présence d’un album de dark ambient assez traditionnel et plutôt bien équilibré. Chaque titre se montre consistant et parvient à illustrer avec réussite ce qu’il entend dépeindre. Il est également très agréable d’avoir droit à d’infimes sonorités d’inspiration orientale, comme pour mettre les pieds, l’espace d’un instant, sur les terres arides qui ont tant inspiré notre artiste. On peut aussi profiter d’une piste réalisée à quatre mains avec l’aide de l’artiste britannique Earthborn Visions. Cette piste, « Voices From the Adytum », du nom d’une pièce réservée aux prêtres dans les temples antiques, est sans doute l’une des plus impénétrables de l’album.

Par la suite, notamment avec « Memories of the Burned Temple », l’auditeur saute dans le rituel et l’obscur à pieds joints. Difficile de savoir ce qui se trame réellement sans connaissance solide des cultes perses, mais l’ambiance créée par l’artiste suggère en tout cas quelque chose de très prenant. L’auditeur ne sait que faire, il est guidé par l’incertain, piqué au vif par l’envie d’en savoir plus. Moloch Conspiracy sait comment attiser les braises de la curiosité, susciter une douce peur. Le voyage est bien présent, le dépaysement aussi. En somme, les ingrédients sont là pour faire de The Burned Temple un album très réussi.

L’album se clôt sur un « Tiamat » à la fois imposant et rassurant, comme si la personnification des eaux salés en personne vous prenait dans ses draps iodées, ce qui contraste d’ailleurs avec le chaos auquel elle est généralement associée. C’est en tout cas un bel album servi par le projet français. Un album sans frivolité particulière mais riche d’une musique poignante et qui, couplée aux thématiques, devient captivante.

About Maxime (466 Articles)
Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :