Interview – Mortis Mutilati

Quelques jours seulement après la sortie de son quatrième album, Macabre de Mortis Mutilati dresse un premier bilan de The Stench of Death et nous parle de la genèse de cette nouvelle sortie. Nos remerciements vont naturellement à Noémy de Solstice Promotion pour avoir rendu cette interview possible.

Le quatrième album du groupe, The Stench of Death, vient de voir le jour. Sa sortie est encore proche dans le temps, mais quel regard portes-tu sur lui ?
L’album étant enregistré depuis septembre, j’ai eu le temps de le comparer aux albums plus anciens de Mortis Mutilati, et il me paraît évident qu’il est le plus réussi de tous, tant au niveau production qu’au niveau composition. Mais il est vrai qu’il est très récent et qu’avec le temps je n’écoute plus que très rarement mes propres albums, donc mon regard aura probablement changé plus tard.

Comment expliques-tu que la musique de Mortis Mutilati sonne black metal sans en imprimer tous les codes ?
Je ne m’inspire d’aucun groupe en particulier quand je compose, j’écris comme ça vient et je ne fais pas attention à composer du black metal absolument. La musique est un domaine très large qui possède beaucoup d’éléments à exploiter, donc pourquoi se limiter au comportement puéril qu’ont certains groupes de black puristes, en se limitant à écouter ce genre pour être accepté dans le milieu ? Je pense que cela étouffe la créativité et par conséquent fait du black metal un genre qui perd de son intérêt avec le temps. Je n’ai pas la prétention de révolutionner le genre, mais je pense que nous avons fait un album qui, pour une fois, sort des exigences du black metalleux basique.

Un soin particulier est-il apporté à l’atmosphère générale de la musique ?
Le but de l’album était de glorifier la mort par des riffs très dissonants et une voix très agressive qui doit représenter la voix de la Faucheuse, mais nous voulions également la sublimer grâce à la beauté de la musique, c’est pourquoi tu peux également trouver des riffs très élégants. Ce mélange des deux opposés dissonance/harmonie crée selon moi l’atmosphère parfaite pour rendre hommage à la mort.

L’album semble davantage porté sur une certaine esthétique de la mort plutôt que sur des compositions réellement noires ou malaisantes, du moins par rapport à Mélopée Funèbre, que j’avais trouvé plus déchirant. Était-ce un choix ?
La mort est l’essence même de Mortis Mutilati depuis les débuts du groupe, mais elle a été occultée par plusieurs thèmes sous-jacents, la taphophilie dans Nameless Here For Evermore et l’érotisme dans Mélopée Funèbre. The Stench Of Death est un album sur la mort pure et dure, qui fauche et qui emporte à tour de bras quoi qu’il arrive et par tous les moyens.

Trois ans séparent la sortie de Mélopée Funèbre de celle de The Stench of Death. La longueur de cette période – la plus grande dans l’histoire du groupe entre deux sorties – était-elle consacrée à un travail plus fourni que par le passé ?
C’est en effet un album qui a demandé beaucoup de temps pour sa composition, environ deux ans, car nous avons aussi fait beaucoup de concerts pendant cette période et il m’est impossible de trouver le calme nécessaire pour composer en tournée. Une fois le travail d’écriture achevé, nous avons dû attendre de pouvoir obtenir un créneau à l’Endarker Studio, ce qui été un peu long car Devo était de son côté occupé avec Marduk, ce qui nous a néanmoins laissé le temps de travailler et d’apprendre l’album par cœur pour être impeccable le jour de l’enregistrement.

Prends-tu l’inspiration ailleurs que dans la musique ?
Je m’inspire beaucoup de la littérature, j’aime beaucoup Edgar Allan Poe, Stephen King, Robert Bloch… Cependant, The Stench Of Death pourrait aisément être représenté par le tableau Le Triomphe de la Mort de Brueghel (ndlr, voir ci-dessous).


Le groupe sera en tournée au Mexique à partir du mois de mars en compagnie notamment de The Negation. Comment une telle opportunité s’est-elle présentée ?
Un ami m’a envoyé le contact du booker, je lui ai envoyé un message et il s’est montré intéressé pour bosser avec nous. Nous sommes très impatients d’aller jouer là-bas, d’autant plus qu’il s’agit de nos premiers concerts depuis juin dernier !

Quel regard portes-tu sur l’évolution du black metal de manière générale ?
Comme je l’ai déjà dit, le black metal perd de plus en plus de son charme et de son intérêt, je ne m’intéresse plus aux nouveautés et ça fait très longtemps que je n’ai pas pris de claque avec un album du genre. Je préfère m’ouvrir à d’autres styles musicaux, qui n’ont bien souvent rien à voir avec le Metal.

Merci à toi pour ton temps, je te laisse le mot de la fin.
Merci pour l’interview et procurez-vous The Stench of Death, sûrement l’album le plus sale de l’année.

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