Baise Ma Hache – Vive La Mort

Pays : France
Genre : Black Metal
Label : Patologian Laboratorio Productions
Date de sortie : 12 décembre 2017

Après trois albums et un split, Baise Ma Hache sera de retour en 2018 avec un nouvel album. De plus, le groupe prend la peine de nous sortir cet EP pour nous faire patienter. Ses précédentes sorties mêlaient déjà nationalisme, passéisme, pétainisme et nihilisme, mais sans démarrer l’écoute on comprend déjà que Baise Ma Hache a toujours le goût de la provocation. « Vive La Mort » était le cri de ralliement des combattants franquistes pendant la guerre d’Espagne, et étrangement, l’EP est sorti au soir de Hanoucca. Mais peu importe, comme toujours, passons outre la politique, et voyons ce que musicalement le groupe peut nous offrir.

Ce qui est formidable avec Baise Ma Hache, c’est que sa musique représente un amalgame de tout ce que le black metal a fait de mieux et a de meilleur à nous offrir. Les riffs sont souvent très accrocheurs et très mélodiques, et on y retrouve des influences variées, de l’épique à l’atmosphérique, en passant par le mélodique et le black plus traditionnel. Les gens limitant Baise Ma Hache à un groupe influencé par Peste Noire doivent en réalité très mal connaître le groupe. En ce qui concerne l’EP, il correspond à ce que j’ai décrit en tous points, mais désormais le groupe appuie très fortement sur le coté épique de sa musique.

« Debout Les Morts » et « Ad Patres » sont deux longs hymnes à la guerre, s’étalant en longueur sans pour autant être ennuyeux. On y entretient un léger sentiment passéiste en prônant un retour aux valeur guerrière à grands renforts de métaphores facilement compréhensibles, et de longs appels à la gloire et au sacrifice, le tout baignant dans les riffs si particuliers de Baise Ma Hache. La recette est simple, il y a les gros riffs saccadés et bas du front, qui alternent avec de très jolis riffs épiques et mélodiques, évoquant pourtant très bien le chaos si cher au groupe, tout cela agrémenté de quelques ralentissements de tempos mettant en valeur les passages à grande intensité émotionnelle.

« Kali Yuga Jugend » applique la même recette en plus court, cette piste voit se succéder des mélodies superbement accrocheuses et le refrain est impossible à se sortir de la tête. Par son format et son efficacité, on fait face à un genre de tube façon Baise Ma Hache. À noter que l’ambiance se veut assez mystique pour du baise ma hache, de la même manière que pouvait l’être « Le Forge Mort » sur Le Bréviaire Du Chaos, puisque Thorwald s’y plaît à invoquer une entité occulte à qui il promet son sacrifice.

« Les Corbeaux », quant à lui, renoue avec l’usage qui avait été pris sur les premiers albums d’adapter un poème français en musique, et cette fois-ci, c’est Rimbaud qui est à l’honneur. De plus, l’ambiance qui règne sur cette piste est elle aussi plus proche de Le Grand Suicide et Ab Origine Fidelis que le reste de l’EP. L’atmosphère y est plus sombre et désespérée, mais la musique y est très efficace et dynamique. Un léger retour en arrière bien géré et ne signifiant pas une perte de qualité, loin de là. Seul léger bémol de l’EP, il semblerait que la voix de Thorwald ait un peu souffert puisqu’elle semble un peu moins puissante, plus monocorde, et a un peu perdu de ce côté plaintif qu’elle pouvait avoir lorsqu’elle montait dans les aigus.

Cet EP est un condensé de longs riffs épiques noyés dans une mélasse à la fois raw et mélodique. Baise Ma Hache ne se renouvelle donc pas vraiment depuis le fameux Bréviaire du Chaos, mais il a trouvé sa voie, se concentrant sur le sentiment épique qu’il arrive à transmettre. De plus, le groupe n’a pas eu le mauvais goût de surcharger sa musique de samples inutiles. Reste à espérer que le groupe réussisse à captiver encore ses adeptes s’il ne renouvelle pas sa recette, mais vu la qualité de l’EP, nous avons de quoi espérer pour le prochain album. Debout les morts !

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