ia~mt~hi~ng – IV

Pays : États-Unis
Genre : Ritual Dark Ambient
Label : Noctivagant Collective
Date de sortie : 31 Décembre 2017

En ce début d’année 2018, revenons sur le dernier projet de l’année 2017 publié par le label Noctivagant. Basé à Albuquerque au Nouveau-Mexique (États-Unis), Noctivagant nous a habitué à des productions élégantes sur format digital et physique. Projet teinté de mystère sorti le dernier jour de 2017, ia~mt~hi~ng, nous invitait, pour ceux qui ont su saisir l’occasion le jour de la sortie, à un nouvel an sous le signe de paysages maudits et d’indicibles rituels.

a2566471501_16

L’album IV est comme le suggère son titre, le quatrième album sorti sous ce nom et qui s’apparente aux créations de Phil, la personne qui gère le label. Aucune information ne trahit le quasi-anonymat de ce projet qui s’est déjà produit de façon confidentielle à Albuquerque, comme quelques vidéos Youtube en attestent. Les titres de l’album prennent la forme d’une liste incomplète dans laquelle chaque titre est numéroté d’abord en chiffres romain. ia~mt~hi~ng reprend simplement son grand oeuvre où il l’avait laissé et témoigne de l’envergure du projet qui entend se développer sur le long terme.

Le premier titre « xviii ~ hypnosis » est une très bonne introduction. Des pads, dans des tonalités basses, dessinent le paysage de façon assez abstraite. Les harmonies sont minimalistes et au fil des douze minutes, nous assistons à la mutation d’un drone pesante en des textures plus turbulentes qui saisissent bien l’agitation d’un moment, avant que des nappes bien ciselées fassent la transition vers une atmosphère plus calme. « xix ~ oneiric visions » ne déçoit pas. Ce second titre distille ses basses vicieuses et ses percussions brillantes afin de nous emmener dans un rituel qui reste suggéré. Le titre « xx ~ void » délivre un paysage rongé par des rafales de vent et des synthés qui confèrent à ce titre quelque chose de moins stagnant voire épique dans de courts passages.

« xxi ~ transcend » marque bien la transition par des chœurs éthérés et un drone qui s’apparente au son classique d’un orgue. Le morceau monte en puissance, mais même si les harmonies sont parfois magnifiques, il manque peut être un élément pour finaliser un tel morceau qui a quelque chose de céleste et léger. « xxii ~ farewell (all relations) » suggère de nouveau un rituel bien étrange dans lequel se fond les vocalises ressemblants à celles de chamans et les bruits de chouettes et de toute une faune nocturne. Cette lugubre cérémonie, par un jeu de volume, monte en puissance. Les nappes de synthétiseur sont ciselées, les voix animent cette communion entre les prêtres et la nature qui s’agite puis se fait plus discrète.

Ce morceau est la partie centrale de l’album. Les chœurs sont au centre de  la seconde partie de ce rituel. Les voix sont ici à l’honneur mais nous regrettons que la narration s’arrête là. Les cordes en double-croches soutiennent le morceau dans une dimension plus épique mais nous ne trouvons pas les chemins vers lesquels ce rite devait nous emmener. Quelques notes désabusées laissent penser à une disparition des protagonistes ou une abduction dans une quelconque et lointaine dimension. Enfin, l’album se clôture par un titre beaucoup plus court, puissant et dynamique. Ce passage de drone abrasif laisse suggérer peut être les futures expérimentations de l’artiste et marque sobrement la transition tout en concluant l’album IV.

Noctivagant montre à travers cet album un goût pour mettre en avant un dark ambient à la fois éthéré, puissant et assez varié pour nous tenir en haleine. ia~mt~hi~ng nous emmène dans l’espace du paysage, lugubre, éclairé à la seule lueur d’un feu de camp autour duquel un rite païen s’accomplit. L’album saisit la beauté de ce voyage vers cet univers tout en allusions. Celui-ci reste abstrait mais manque parfois de définition, la richesse de certaines textures étant sur l’ensemble inégale.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *