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Monolithe – Nebula Septem

Pays : France
Genre : Funeral Doom Metal
Label : Les Acteurs de l’Ombre Productions
Date de sortie : 26 Janvier 2018

Monolithe fait partie de ces groupes distinctifs de la scène française. Par distinctif, on entend qu’ils sont ambassadeurs d’un style bien précis, en y ajoutant suffisamment de personnalité pour se démarquer de leurs homologues. C’est sûrement ce qui a permis à Monolithe de se tailler une réputation à l’international comme dans sa patrie d’origine.

Pour ce septième opus, le groupe s’est tourné vers Les Acteurs de l’Ombre, qu’il n’est plus nécessaire de présenter. L’écurie française est devenue un gage de qualité, le label n’ayant jamais rien sorti de mauvais. Dédié aux musiques atmosphériques, ambiancées et volontiers exploratrices, Les Acteurs de l’Ombre était la parfaite base pour un nouvel opus de Monolithe. Premier contact avec le disque, un artwork somptueux, élément distinctif là aussi des productions du label. L’album se compose de sept pistes de sept minutes chacune. Belle mise en abîme s’il en est.

Funeral doom rime souvent avec lenteur excessive et sépulcrale, langueur constante, désespoir écrasant et longs océans sonores sporadiquement troublés de remous de détresse. Shape of Despair, Evoken et les autres s’inscrivent parfaitement dans cette ligne musicale qui rebute souvent. Monolithe fait les choses à sa manière. Moins de lourdeur et de ténèbres, plus de mélodies et surtout plus d’éclaircies que pour la plupart des groupes du genre. On reproche souvent au funeral doom d’être ennuyeux. Monolithe ne l’est absolument pas. Les pistes possèdent une variété de rythmes, d’atmosphères et de de mélodies impressionnantes. « Anechoic Aberration » passe d’un trémolo agressif à une plage de son rêveuse, puis à des mélodies éthérées, qui sonneraient presque orientalisantes par moment. Les vocalises très typées death, sont rageuses et énergiques, jamais apathiques ou simplement grondeuses en fond, comme on peut souvent l’entendre dans ce type de musique. Monolithe fait du funeral doom, mais du funeral doom puissant et majestueux, non pas lamentant et pleureur.

Plus alarmiste et tendue que la précédente, « Burst in the Event Horizon » maintient une certaine angoisse et une inquiétude sous-jacente qui resurgit en fin de morceau avec sa rythmique puissante et répétée, sur laquelle se brodent des mélodies fines et subtiles. Le final plus apaisé laisse la place aux accords assénés de « Delta Scuti », qui constitue l’un des sommets de l’album. Lumineux, glorieux même, on contemple ici l’espace avec le sentiment de le faire sien. En total contrepoint, une espèce de sérénité se dessine en même temps par les mélodies très claires qui fouillent, invaincues, les tréfonds des éons. Et de nouveau, prise de revers quand des sonorités électroniques interviennent au milieu de la troisième minute, et l’arrivée d’accords plus affûtés et grinçants, soutenus par un clavier très anxiogène. N’est pas maître du Cosmos qui veut, et par-delà les velléités de domination de tout être se trouve un orgueil infiniment ridicules à côté des méandres du silence éternel de ces espaces infinis.

« Fathom the Deep » commence comme un morceau de rock psychédélique des années 1960, avec ses mélodies presque blues réverbérées soutenues par une batterie entraînante et un clavier placide. Le morceau est définitivement le meilleur de l’album. Vers le début de la troisième minute, des accords simples et galvanisants viennent se répéter encore et encore, constituant une rythmique de fond sur laquelle s’articulent des mélodies venues de lointaines guitares, comme des émanations lumineuses échappées d’une étoile toute proche. Il s’agit peut-être du morceau le plus simple techniquement, avec ce rythme qui ne flanche jamais et ses mélodies un peu plus simples que sur les autres pistes, mais quelle atmosphère, quelle incroyable épopée… La quiétude semble pourtant perdre un peu de terrain en fin de piste, l’espace sonore se remplissant de plus en plus. Après tout, la tranquillité n’existe pas dans l’espace. Une très, très grand morceau.

Enfin, le voyage se conclut avec « Gravity Flood ». Départ sur des sonorités électroniques là encore, avant d’être remplacées par des cordes et une batterie appuyées rapidement par une nouvelle rythmique écrasante. Puissance, majesté, et élégance. La tranquille et inconsciente magnificence des astres. Les mélodies se font plus touchantes que jamais, la piste passe à la vitesse de la lumière. Le final éclot dans une symphonie de guitares, d’une éclatante beauté qui ne saurait être ternie puisque loin de toute atteinte de l’homme, laisse absolument pantois, avec désormais le rêve irréalisable de quitter toute incarnation pour voir de ses propres yeux les éons magnifiques qui s’étendent derrière notre atmosphère.

Monolithe réussit un superbe tour de force. Loin de l’espace entièrement hostile et froid de Darkspace, Monolithe se rappelle que l’être humain est avant tout incapable de concevoir l’absolu. L’homme trouvera la beauté dans la mort d’une étoile et en sera ému, comme il pourra être balayé par un cosmos trop démesuré et densément vide pour lui. Un parti-pris humain pour explorer ce qui ne lui sera jamais accessible, dotant les inimaginables monuments cosmiques de la gloire dont l’homme seul revêt les plus belles des merveilles. Monolithe offre les émotions qui étreindraient les explorateurs du Cosmos venus de la Terre s’ils étaient capables de se rendre aussi loin que leurs désirs le voudraient.

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