Konjuro’s Keep – Konjuro’s Keep

Pays : États-Unis
Genre : Dungeon Synth
Label : Indépendant
Date de sortie : 8 Février 2018

Le minimalisme semble faire un retour en force au sein de la communauté dungeon synth. La chose peut se vérifier aisément grâce aux différentes et excellentes sorties du label Heimat Der Katastrophe et grâce à certains projets tels que Skeleton War ou Konjuro’s Keep, dont il est question ici-même. Ce dernier vient d’ailleurs de mettre au monde son premier album, une sortie résolument épurée de tout artifice et riche d’une musique simple et la plupart du temps très entraînante. La tendance pourrait-elle prendre de l’ampleur ?

Konjuro’s Keep, du nom d’un personnage de l’univers de Swordquest, série de jeux vidéos d’Atari parus dans les années 1980, se présente comme n’importe quel projet qui s’inscrit dans une vision passéiste du genre dungeon synth. Thématique inspirée d’un jeu vidéo d’aventure old school, univers graphique très pixelisé, et musique rappelant inévitablement ces mêmes jeux vidéos, avec cependant des petites joyeusetés plus modernes. On ne va pas se mentir, c’est riche d’une charme certain. Techniquement, Konjuro’s Keep n’est donc pas aussi traditionnaliste que l’on pourrait le croire, mais le projet s’inspire évidemment des débuts du dungeon synth.

À certains égards, le projet américain partage certains points communs avec Hedge Wizard – il est d’ailleurs fort surprenant qu’il ne connaisse pas le même succès -, notamment sur le plan des sonorités mises en avant et de l’atmosphère générale de son univers musical. Il y a pire comme inspiration, si toutefois c’est réellement le cas. La musique de Konjuro’s Keep est également parsemée çà et là de morceaux ou passages plus enchanteurs et fleuris, citons notamment l’introduction de « Konjuro’s Keep », qui se démarque par la légèreté de son ambiance. Même si la thématique de l’album se veut sans doute épique, c’est effectivement une certaine insouciance qui prime sur n’importe quelle autre sensation, on ne va donc pas bouder notre plaisir.

Sur le plan quantitatif, Konjuro’s Keep offre à boire et à manger. La longueur des pistes varie de la minute et demie de « The Hall of Madness » aux plus de dix-sept-minutes du titre éponyme, mais globalement, il serait bien impertinent de considérer que l’album est court. En vérité, il serait de toute manière impertinent de reprocher quoi que ce soit à cet album, tant il fait mouche sur de nombreux plans. Grâce à une musique accessible et accrocheuse, le premier album du projet se doit d’être écouté encore et encore. Konjuro’s Keep est un nouveau projet à suivre de près outre-Atlantique, comme s’il n’y en avait déjà pas suffisamment…

Imaginez un mélange entre la magie d’Acheulean Forests, la science de la mélodie de Hedge Wizard, et le minimalisme de Skeleton War, et vous obtiendrez cette petite perle brute qu’est Konjuro’s Keep. La première sortie du projet américain est assurément l’une des excellentes surprises de ce début d’année en matière de dungeon synth. Espérons simplement que l’album obtiendra le succès qu’il mérite, car ce n’est pour le moment pas le cas.

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