Dwalin – The Fall of Gondolin

Pays : France
Genre : Dungeon Synth
Label : Indépendant
Date de sortie : 25 Janvier 2018

Dwalin est assez proche de l’archétype même du projet dungeon synth. Amateur, secret, résolument underground, adepte des artworks passéistes ancrés dans un monochrome suranné, les deux pieds fermement plantés dans la tombe de Tolkien. Cependant, il y a tout de même plusieurs choses qui le distinguent de ses très nombreux homologues, eux aussi disciples de l’inaccessibilité à tout prix et de la fantasy à l’ancienne.

Deux pistes, de cinq et sept minutes, pour un EP court et bien ajusté. « The Sight of Gondolin » démarre sur une marche lente et cérémonieuse, marquée par des percussions assez présentes mais pas envahissantes pour autant. Votre serviteur est assez chatouilleux en ce qui concerne les percussions dans le dungeon synth, et souffre souvent d’un mauvais dosage ou d’une mauvaise sonorité les concernant. Ici toutefois, Dwalin a réussi à les rendre entraînantes et galvanisantes, ce qui est déjà un remarquable accomplissement en soi. Comme souvent dans ce style, l’entièreté de la piste est basée sur une mélodie très simple, jouée sur clavier, sur laquelle s’ajoutent au fil du temps d’autres motifs musicaux. Notes plus claires, tambours, entrée de nouvelles mélodies pour diversifier les phases.

Vers la quatrième minute, une nouvelle mélodie plus éclatante et triomphale entre en scène, bouleversant quelque peu l’aspect austère de la piste. Éclaircie portée par des clairons et un son plus flûté, avant de laisser redescendre la superbe pour conclure sur une note plus retenue et calme. Une piste très prenante, qui fait acte d’une maîtrise et d’un excellent sens du dosage. Impossible de s’ennuyer, même pour votre serviteur qui a tendance à préférer les chansons restant davantage dans le recueillement.

« The Road Goes Ever On » prend la relève, et se présente elle aussi par un rythme de percussion. La première mélodie se fait tout aussi austère que l’entame de « The Sight of Gondolin », mais avec toutefois une annonce sourde qui prépare déjà à quelque chose de très épique. On y vient d’ailleurs assez rapidement, avec une nouvelle utilisation des clairons qui fait immédiatement plonger la piste dans le majestueux. On garde une même boucle mélodique, en y ajoutant au fur et à mesure de nouvelles sonorités et de nouveaux motifs. Peut-être plus encore que dans la piste précédente, nous sommes exposés ici à un vrai souffle épique, qui n’a pas besoin de se faire trop démonstratif et pressant pour se faire ressentir. Rien ne semble forcé, le sentiment de superbe se fait très naturel et évident.

Dwalin n’en fait pas trop, il ne charge pas ses chansons outre mesure pour obtenir à tout prix quelque chose de grandiose. Tout semble s’articuler très naturellement, sans artificialité. L’excellent choix des sonorités employées, le travail méticuleux sur les percussions qui apporte un réel plus à l’EP, et surtout le talent pour composer des mélodies simples et très classiques mais parfaitement prenantes font toute la différence avec d’autres artistes du genre qui ne proposent finalement qu’une musique assez plate, dont la surenchère à visée épique ne finit que par fatiguer.

Dwalin sait composer du dungeon synth. Il a ce talent pour plonger dans des ambiances très bien construites, crédibles, presque concrètes tant elles semblent palpables. Dwalin rend accessible les rêves d’échappée dans des univers moins rassis que le nôtre. The Fall of Gondolin est une vraie réussite qui ne souffre d’aucun réel point faible et qui devrait servir d’exemple à tout gardien de donjon.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *