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Beorn’s Hall – Estuary

Pays : États-Unis
Genre : Black Folk Metal Mélodique
Label : Naturmacht Productions / Fólkvangr Records
Date de sortie : 28 Février 2018

Si vous suivez de près l’actualité black metal, impossible d’être passé à côté de la chose. Le deuxième album des américains de Beorn’s Hall a beaucoup fait parler de lui ces dernière semaines, à mesure que des titres étaient révélés et que la date de sortie approchait. Et c’est ainsi qu’Estuary vit le jour, très exactement un an et un jour après la sortie de Mountain Hymns, qui était le premier album du duo. Mais alors, Estuary mérite-t-il toute l’attention qu’on lui porte ? Est-il à la hauteur des espoirs qu’une bonne partie de la communauté black metal avait placés en lui ?


Sans critiquer la moindre décision, il faut dire que la promotion d’Estuary avait peine à être évitée, et il était ainsi très difficile de ne pas avoir l’occasion de se familiariser avec le deuxième album de Beorn’s Hall. On se doit néanmoins d’avouer que celui-ci attire l’œil de manière naturelle. Un logo flambant neuf, une pochette magnifique tirée d’une oeuvre d’Albert Bierstadt. Sur le plan graphique, on frôle le sans-faute. Mais ce qui intéresse tout le monde, c’est bien le contenu musical, et force est de constater que, sur ce deuxième album, il y a à boire et à manger. Et même bien plus que ça.

Beorn’s Hall évolue dans un registre assez récent, mêlant quelques éléments pagan et folk à un black metal qui est suffisamment varié pour se montrer tantôt épique, tantôt lancinant. La musique de Beorn’s Hall n’échappe pas non plus à la marque de fabrique du black metal américain, à savoir ces quelques plages acoustiques et plus atmosphériques que le reste de l’album, et tout cela rend très bien. Mais Estuary, c’est avant tout une aventure, un périple. Chaque titre est différent de celui qui le précède, chaque titre apporte sa pierre au majestueux édifice que représente ce deuxième album. Pour un résultat parfois époustouflant.

La force de cet album, c’est avant tout sa richesse de composition. il est purement impossible de s’ennuyer à l’écoute d’Estuary. La rythmique varie beaucoup, les sonorités passent du black metal à la musique acoustique ou folk, et même les chants passent du clair à l’éraillé avec énormément de facilité. Ces différentes joyeusetés techniques confèrent à l’album une personnalité très affirmée, et permettent à l’auditeur de véritablement vivre quelque chose. Le fade, on connaît tous, et chez Beorn’s Hall, ça n’existe pas. La musique du duo a cette espèce d’aspect très éclatant, un peu à l’image de ce que l’on peut admirer sur la pochette, qui se traduit par une atmosphère enthousiasmante et galvanisante, mais surtout par un plaisir d’écoute incroyable.

Au rayon des grosses satisfactions, citons en premier lieu le titre « Blood for Wotan », dont la deuxième partie est sans doute l’un des passages les plus efficaces de l’album. J’exècre habituellement les chants clairs dans le black metal, mais ceux qui sont disséminés un peu partout dans Estuary sont simplement de toute beauté et subliment l’album dans son ensemble. D’autres titres, tels que « The Nurturing Soil » ou « New Hampshire » réservent également leur lot de sensations. Du début à la fin, Estuary est plein de surprises.

En revanche, lorsque l’on se penche sur les thématiques de l’album, on se demande comment il est possible de sortir quelque chose d’aussi incohérent. Le nom du groupe est bien évidemment emprunté à l’univers de Tolkien, et le titre « Dark Woods – Black Marsh » vient, sauf erreur, de l’univers de Diablo. Et si en plus de cela, on ajoute « Blood for Wotan », l’un des noms d’Odin, et le titre « New Hampshire Rain », on obtient un album qui se montre aussi absurde thématiquement qu’excellent musicalement. Cela n’enlève évidemment rien à la qualité de la musique, mais tout de même, ce genre de chose gagnerait réellement à être plus travaillé, au moins pour plus de crédibilité.

Quoi qu’il en soit, Beorn’s Hall a assurément signé l’un de ces albums qui feront date pour l’année 2018. Très bien écrit et très bien ficelé, Estuary est une sucrerie que chacun se plaira à déguster encore et encore jusqu’à l’écœurement, pour redémarrer de plus belle une fois la nausée passée. C’est également une réussite de taille pour une scène américaine qui ne cesse de monter en grade au fil des années, au point de sérieusement concurrencer les meilleurs scènes européennes. L’un des albums marquants de ce début d’année nous vient d’outre-Atlantique, n’en déplaise à certains. Du côté de Beorn’s Hall, le travail a porté ses fruits et propulse le duo sur le devant de la scène. Une juste récompense.

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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