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Moenen of Xezbeth – Dawn of Morbid Sorcery

Pays : Belgique
Genre : Black Metal
Label : Indépendant
Date de sortie : 4 Février 2017

En 2017, Moenen of Xezbeth avait réussi à nous faire revivre les années 1990 en sortant sa démo Dawn of Morbid Sorcery, démo ne respirant pas l’originalité, mais ne la recherchant pas non plus, préférant composer en grande partie sous l’influence de ce qu’ont fait de plus mid tempo des groupes comme Darkthrone ou Beherit. Moenen of Xezbeth vient donc nous asséner ses riffs mid tempi sentant la vieille cave et la putréfaction dans un style des plus old-school.

Toutes les images évoquées par le groupe correspondent parfaitement à ce titre qu’est Dawn of Morbid Sorcery. Une fois qu’on l’a eu sous les yeux, difficile de ne pas se créer toutes sortes d’images. Avec un peu de naïveté, on peut se dire que tout ici respire la magie noire la plus douteuse et la plus obscure. Quitte à parfois frôler le ridicule, le groupe ne laisse transparaître aucune lumière dans sa musique, nous décrivant des rituels occultes à la gloire des ténèbres, prêchant le chaos et priant la venue de l’apocalypse. Malgré son absence totale d’originalité et son goût pour la redite de riffs galvaudés, le groupe a pourtant un talent certain à donner à ces derniers un côté hypnotisant et entêtant. Si beaucoup se plairont à voir ici une vénération totale pour Beherit, je ressent aussi pour ma part une grosse influence de ce que Darkthrone a pu faire avec Panzerfaust ou A Blaze In The Northern Sky dans ses passages les plus lents.

On a donc, comme je l’ai déjà répété, presque uniquement des riffs en mid tempo, évoquant tous une magie ancienne qui ressurgirait à travers les époques, et ceci de manière incessante et récurrente. Ces riffs, qui forment le cœur de la démo, sont accompagnés d’une batterie lente et sachant se faire très discrète, celle-ci joue souvent des rythmes en parfaite alchimie avec les mélodies et sonne comme un tambour donnant le rythme sordide nécessaire à la cérémonie.

La voix de Morbid Messiah, seul maître de ce projet, sonne quand à elle comme une suite d’orations morbides invoquant des esprits impurs d’une voix des plus criardes, comme pourrait le faire une sorcière de l’époque médiévale née de nos fantasmes. Cette voix se fait discrète, tout comme la batterie et la basse. N’oublions pas non plus les claviers, qui donnent un aspect à la fois rituel et encore plus kitsch à l’ensemble. Le problème est que l’on peine beaucoup à les entendre sous cette bouillie de son raw, sale et rempli de reverb. Si nous passons outre les claviers, c’est en réalité l’ensemble de la musique qui sonne kitsch, et ce n’est pas forcément pour le bien de la démo, car cet effet entre un peu en contradiction avec le côté réellement sombre et crédible dont aurait pu rêver le groupe.

Sans vraiment arriver à définir si c’est une volonté ou non, l’aspect kitsch de la musique de Moenen of Xezbeth me fait le même effet que chez son idole, Beherit, c’est-à-dire qu’il vient donner un côté assez ridicule à sa musique, qui nuit à l’aspect ténébreux que le groupe voudrait y insuffler. Cependant, cet effet film d’horreur-navet donne en même temps un charme à cette démo, qui donne quand même envie d’y revenir et de l’écouter encore et encore, obnubilé par ces évocations de rituels infâmes résonnant de la même manière que ces riffs lents et répétitifs semblant sortir tout droit d’une crypte abandonnée.

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