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Aorlhac – L’Esprit des Vents

Pays : France
Genre : Black Metal Mélodique
Label : Les Acteurs De l’Ombre Productions
Date de sortie : 2 Mars 2018

Après des années d’absence, voici un retour que l’on espérait plus, et pour lequel on n’envisageait même pas la moindre déception, tant les deux premiers albums étaient aboutis. Au programme dans l’Esprit des Vents, toujours les mêmes mélodies sublimes et inégalées sur fond d’histoires et de légendes locales. Il semblerait donc que le groupe continue sa trilogie des vents dans la même veine, voyons si Aorlhac arrive toujours à nous transmettre ses rêves d’Occitanie moyenâgeuse et à nous faire voyager à travers le temps et la légende.

Aorlhac, c’est l’exemple typique du groupe de black metal facile d’accès, celui qu’on fait écouter pour faire découvrir le genre. On a de belles mélodies, des riffs catchy et une production lisse et travaillée. En quelque sorte, il est difficile de ne pas aimer le groupe. Avec Aorlhac, on ne s’ennuie jamais et on ne constate que rarement des baisses de niveau ou des moments plats. Chaque riff est bien composé et nous caresse les oreille agréablement, tout en suivant parfaitement celui qu’il précède.

Ici, on a toujours ce même sentiment qui prend au tripes quand Aorlhac commence à jouer, cette impression de voir des images du passé resurgir devant nos yeux, de se plonger au cœur d’histoires oubliées et de les revivre, comme si Aorlhac était composé de troubadours voyageant à travers l’histoire, comme si ces derniers avaient vécu au cours de vies antérieures, comme si ce souvenir venait directement de la mémoire des membres du groupes.

L’un des sentiments que le groupe a plus travaillé que d’habitude dans cet album réside dans l’aspect sombre des histoires décrites. En effet, bien que les mélodies possèdent encore une grande part de lumière en elles, on y ressent aussi plus de désespoir. On peut penser notamment au magistral « Infâme Saurimonde », qui, malgré sa longueur, nous garde dans un sentiment d’effroi et de détresse vis-à-vis de cette fée diabolique aux pouvoirs ne permettant aucune résistance.

C’est également dans ce titre que l’on constate le mieux le changement qui s’est opéré chez Spellbound. Ce dernier ne donne désormais plus uniquement dans le chant guttural classique qui correspondrait à tout groupe de black metal qui se respecte. Le vocaliste arrive maintenant à transmettre une palette d’émotions plus large à travers sa voix et n’hésite plus à donner dans le hurlement pur et dans un registre bien plus élégiaque qu’autrefois.

Outre Saurimonde, le groupe aborde de nombreux thèmes, rendant hommage à de célèbres bandits tels que Mandrin et Mornac, qui sont connus, l’un pour avoir été une figure de rébellion et l’autre de terreur, tous deux ayant mis à feu et à sang le royaume de France. Le groupe retrace également la révolte des Tuchins ayant eu lieu en Auvergne et dans le Languedoc contre les prélèvements fiscaux et les mercenaires étrangers.

Le groupe reste fidèle à lui même et applique toujours la même recette avec de petits éléments récurrents qui lui sont propres, comme par exemple les petites interludes folkloriques, toujours courtes et bien placées. Cependant, cette formule s’est vue améliorée car le groupe a encore progressé d’un point de vue technique. On entend se succéder des riffs catchy, mélodiques, sombres et lumineux, passant d’émotions mélancoliques à la gloire épique, et en passant par la nostalgie d’époques oubliées. Ardraos, dont la collaboration avec le groupe n’étonnera personne, n’est pas non plus en reste et ne se fatigue à aucun moment. Très bonne surprise donc pour ce batteur talentueux qui en avait pourtant déçu beaucoup lors de sa collaboration avec Vouïvre.

Aorlhac nous a donc encore une fois offert une merveille de black metal mélodique, restant inégalable dans sa manière de composer, et cet album sera peut être même considéré comme le meilleur album du groupe, notamment grâce à sa maturité et son gain en technicité. On retiendra surtout l’évolution vocale de Spellbound, qui ajoute encore plus de puissance à l’album. Le groupe sait toujours transporter à travers les époques sans pour autant changer sa recette. Espérons cependant qu’Aorlhac ne s’installe pas dans la facilité et tombe dans la redondance à l’avenir.

 

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