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Deströyer 666 – Call of the Wild

Pays : Australie
Genre : Heavy Metal
Label : Season of Mist
Date de sortie : 23  Février 2018

Ça ne va pas du tout. Du tout, du tout. Mais alors vraiment pas. Deströyer 666, c’est un crédo, un fondement, une foi profonde. Et voilà que le cortège ardent faillit, vacille, perd sa flamboyance et sa force impie. Après un Wildfire très agréable mais déjà plus du tout au niveau des anciens faits d’arme de la meute, Deströyer 666 n’est plus que l’ombre de lui-même. Pire, il n’est plus que le vieux loup boiteux et apathique qui attend que la nouvelle génération de guerriers paye son tribut et lui amène les proies qu’il ne chasse plus directement dans la gueule.

Oui, vous tous qui lisez, apprenez-le, Deströyer 666 n’est plus le prédateur qu’il a toujours hurlé être. Les extraordinaires pamphlets guerriers témoins d’une ardeur teintée de visions idéales de Phoenix Rising avaient laissé la place à la bestialité et au nihilisme rageur de Cold Steel… For An Iron Age. Étaient ensuite venues les méditations guerrières et la haine froide implacable de Defiance, et enfin le début de la vieillesse qui met en avant ses beaux restes avec Wildfire. Call of the Wild est la première défaite de la meute. La première vraie, irréfutable et cuisante défaite.

On l’avait compris, Deströyer 666 avait laissé son black/thrash furieux au fond de sa tanière pour retourner aux plaines de son enfance avec un heavy venomien musclé et efficace qui, s’il n’avait clairement pas la superbe des pamphlets d’autrefois, avait tout de même de belles choses à faire valoir. Seulement voilà, cela a marché sur un coup et ne marche plus sur le deuxième. Cet EP est mou, mais mou… « Violence is Golden » arrive avec son tempo anémique et ses riffs pseudo efficaces, se traîne la patte sur toute la longueur et finit par se plomber en beauté avec un refrain risible et faussement entraînant. Déjà à ce stade, votre serviteur a compris qu’il ne pourrait pas échapper à la déception. « Stone by Stone » va dans la même direction, avec un refrain à n’en plus finir et des riffs tellement plats qu’on se demande s’ils ont vraiment été écrits par le même K.K Warslut qui a composé ceux de « Sons of Perdition » ou « A Sermon to the Dead ». On s’ennuie, on a envie de passer à autre chose de plus intéressant, et on pleure beaucoup dans le cas de votre serviteur.

Petite lueur dans cet océan de médiocrité, la piste éponyme est correcte, voire sympathique. Les riffs sont un peu plus intéressants, le pont en particulier accroche bien… Enfin, rien de fantastique non plus, preuve en est que votre serviteur n’aurait jamais pensé un jour qualifier de sympathique une piste du grand Deströyer 666. Ni d’ailleurs s’ennuyer en écoutant une de ses sorties… (sic). Et que c’est mou, mais que c’est mou, bon Dieu…

Allez, finissons avec le sacrilège final sur la reprise de la culte et magnifique « Trialed by Fire », parue sur l’EP Terror Abraxas. Le groupe réenregistre donc l’une de ses meilleures chansons, et en profite pour copieusement massacrer son aura. Toute énergie a été méticuleusement écartée, toute splendeur a été balayée, et on reste là, à contempler un groupe détruire avec un masochisme grinçant sa propre légende. Atterrant.

Infamie que de tomber si bas… Votre serviteur aurait bien mis cette échec sur l’absence déjà bien installée et ressentie de Schrapnel, mais quand on voit les riffs que celui-ci a composé sur les extraits du prochain Nocturnal Graves à sortir, on se dit que K.K a peut-être juste perdu son talent. Ce talent de composition qui l’élevait, malgré une connerie crasse, au rang des plus grands compositeurs de musique extrême. Qu’il décide de faire du Venom croisé avec du Manowar, pourquoi pas, cela sonne même assez bien sur le papier, mais qu’au moins il le fasse bien ! On ne fera pas avaler à votre serviteur qu’il n’est pas conscient de la nullité abyssale des riffs sur cet EP. Et cette reprise immonde… K.K aurait voulu annoncer la fin du groupe par un auto-sabordage qu’il n’aurait pas fait autrement, toute la symbolique est là.

Deströyer 666 n’est plus, donc. Un grand parmi les grands s’éteint. Ce qui faisait de cette formation un groupe d’exception s’en est allé. Très amer constat pour votre serviteur, qui continuera à vénérer les anciens actes du groupe, mais sans plus jamais en attendre de nouveaux. Disparition d’autant plus triste qu’aucun groupe n’aura jamais l’aura de prédateur du Deströyer. On se consolera avec les prestations live du groupe, mais on n’attendra plus rien des efforts studio. Votre serviteur adresse donc ses adieux à un groupe légendaire, qui aura représenté peut-être plus que n’importe quel autre ce qu’est le metal.

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