Snarling Clearing – In the Beginning, In the Fog

Pays : États-Unis
Genre : Dungeon Synth
Label : Moonworshipper Records
Date de sortie : 18 Mars 2018

Le projet américain Snarling Clearing va bientôt fêter son premier anniversaire, et le chemin parcouru depuis la sortie de Bastards’ Prison est aussi conséquent que respectable. La musique de l’artiste est ce que l’on pourrait communément qualifier de dungeon synth véritable. Production très imparfaite, atmosphère noire et sonorités pauvres et répétées à l’envie, tous les ingrédients sont là pour faire de Snarling Clearing l’un des portes-étendard du dungeon synth des origines, celui qui n’a pas souffert des nombreux ajouts modernes. Et cette nouvelle sortie nous le prouve une fois de plus.

Écouter Snarling Clearing, ça n’est pas comme écouter Erang ou Fief. On y recherche souvent le repli sur soi-même, l’introspection, ou du moins une certaine forme d’isolement. La richesse musicale et les mélodies, l’artiste s’en fiche pas mal, et pour être honnêtes nous aussi, ça n’est de toute façon pas la raison pour laquelle on torpille allègrement sa discographie. Au moment d’entamer l’écoute de In the Beginning, In the Fog, on est d’ailleurs en terrain conquis, submergés par les nappes de claviers impénétrables et minimalistes propres au projet. La mélancolie est de rigueur avec « The Endless Perpetuation of Misery and Evil », et de fort belle manière.

Il est toujours incroyable d’une certaine manière, en tout cas pour ma part, de constater le paysage sonore que certains artistes parviennent à créer avec simplement deux plages atmosphériques. La tristesse s’invite dans la pièce, suivie de près par la langueur et la léthargie. Autant de choses que l’on retrouve rarement dans le dungeon synth mais qui sont ici parfaitement traitées. Si l’ambiance change quelque peu au cours de l’écoute de l’EP, on y retrouvera toujours cet espèce de grossier fil conducteur, trop imparfait pour être chéri, trop mystérieux pour s’en détourner. Le plaisir d’écoute est indéniablement là, bien que repoussant au premier abord

L’aspect répétitif et presque drone de In the Beginning, In the Fog se mue presque en une jouissive forme de torpeur. On prend beaucoup de plaisir à se laisser porter par les évocations de solitude et d’exil qui sont proposées. La tendance est au vagabondage, on erre sans réel but, sinon celui de continuer à se laisser bercer par le clavier de l’artiste américain. On notera tout de même qu’un effort supplémentaire en matière de production n’aurait pas été de trop. Les titres n’ont en effet jamais le même volume, ce qui pousse l’auditeur à régler lui-même le problème. Même pour du dungeon synth, ça fait un peu tâche. Mais comment reprocher quoi que ce soit à cet album ?

In the Beginning, In the Fog suscite une curiosité que l’on se découvre rarement, même lorsqu’elle est provoquée par les grands noms du dungeon synth, et si Snarling Clearing continue sur sa lancée, il finira bien par faire partie de ces derniers. Cette nouvelle sortie est en tout cas d’une qualité rare, et surtout, elle transpire le dungeon synth originel par tous les pores. Et à l’heure où le genre prend une tournure très axée folk ambient, il est très appréciable de constater que certains artistes demeurent fidèles aux premiers codes…

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