Eternal Alchemist – Invocation of the Black Flames

Pays : Allemagne
Genre : Black Metal
Label : Golden Age of Blasphemy Production
Date de sortie : 15 Mars 2018

Le premier album du projet allemand avait été une très bonne surprise pour votre serviteur. Du black metal mélodique et habité très inspiré de l’école finlandaise, qui envoyait riff dévastateur sur blast frénétique avec un entrain qui faisait plaisir à voir. L’alchimiste extrait de son laboratoire quatre nouveaux titres pour un album d’une quarantaine de minutes. Autant dire que votre serviteur attendait cet opus de pied ferme.

Alors alors ? Eternal Alchemist réitère-t-il son exploit d’il y a deux ans ? La meilleure arme de l’entité se situait dans son efficacité qui s’exprimait par des titres pas trop longs, qui se livraient sans se faire attendre et cassaient tout à l’aide de mélodies imparables. Ici, quatre chansons tournant autour de la dizaine de minutes. Changement de formule dans l’alambic donc. « A Violent Cosmic Storm » commence pourtant sur des riffs très reconnaissables qui sentent bon le Horna. La chanson prend bien, réussit à rester efficace tout le long même si la production un peu plus confuse de ce second opus demande quelques instants d’adaptation. On comprend vite que l’ambiance a quelque peu changée. Les riffs sont plus répétés, la musique de l’alchimiste se veut plus méditative et moins immédiate. Cela dit, ce premier titre est pourtant celui qui met le plus l’accent sur l’efficacité de l’album… On assiste à une construction de morceaux assez libre, sans structure précise, dans ce que l’on aime appeler des « compositions à tiroirs ». Soit.

Seconde chanson, encore un très bon riff d’introduction, tout semble aller pour le mieux. Cependant les choses se gâtent déjà quelque peu… La chanson s’enlise dans des phases plus pataudes, moins prenantes, et finit par se perdre dans des riffs plus ou moins dissonants pas forcément de très bon aloi. Les essais restent timide, mais le problème de la dissonance reste et restera toujours qu’elle demande une parfaite maîtrise pour devenir intéressante musicalement. Autrement, elle peut sembler un peu convenue, voire fade. Enfin, ne râlons pas trop tout de même, la piste est globalement agréable, se sortant du pétrin par une ressortie du premier riff salvatrice qui remonte un peu son intérêt.

C’est maintenant, passé la moitié de l’album, que l’alchimiste a fini par s’emmêler les éprouvettes. « Flesh and Bones » part sur une mélodie très convenue, et s’embourbe assez rapidement elle aussi. Quelques bonnes idées font toujours leur apparition, mais n’arrivent pas à sauver la chanson d’un ennui global. Et les choses coulent définitivement avec « Slowly Towards the Grave », qui n’arrive pas non plus à sortir la tête de l’ammoniac. L’album se finit donc sur cette piste pas vraiment convaincante, laissant un goût assez amer en bouche.

Petite digression. Quel était le dernier groupe sortit de nulle part à s’être intéressé à l’alchimie et s’étant lui aussi vautré dans des lancinances et des passages ennuyeux à n’en plus finir ? Petit indice, il s’agit d’un groupe français. Réponse en fin de chronique…

Peut-être que votre serviteur en attendait trop d’Eternal Alchemist, mais tout de même… L’entité a voulu faire plus lancinant, plus noir, plus spirituel peut-être… Manque de chance ou défaillance du bec benzène, ça n’a pas marché comme elle l’aurait souhaité. L’album n’est pas mauvais, enfin pas réellement, il reste globalement bien composé, mais on a l’impression constante que les chansons auraient toutes pu être réduites de moitié en ne gardant que les bons riffs et en enlevant les broderies autours. On aurait alors eu un EP très recommandable, mais là… Nonobstant les très bonnes mélodies qui émergent çà et là, l’album reste une pente descendante qui commence par du bon et tourne vite au passable.

Fort dommage que ceci… Grosse déception pour votre serviteur. Eternal Alchemist a voulu essayer quelque chose de différent, sans succès. Le groupe en a encore sous le pied, cela se sent, et je reste prêt à parier qu’une autre superbe production du groupe sortira un jour ou l’autre, qui confirmera le coup d’éclat du premier album. En attendant, vous feriez mieux d’aller le réécouter, puisqu’on en parle, ça vous changera du dernier Taake.

Réponse : Pénitence Onirique. Comme quoi, l’alchimie est un domaine délicat…

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