Akvan – شکوه فراموش شده / Forgotten Glory

Pays : Iran
Genre : Black Metal
Label : Shaytan Productions
Date de sortie : 25 Septembre 2017

Comme chacun peut assez aisément l’imaginer, le simple fait d’écoute du black metal dans un pays tel que l’Iran peut se montrer particulièrement dangereux. Mais alors que dire de ceux qui en jouent ? Qui plus est lorsque cela est fait en opposition directe à l’islam, alors que la charia est toujours à la source du droit dans le pays, tel que c’est le cas en Arabie Saoudite ou au Yémen. Finalement, qu’y a-t-il de plus black metal de risquer sa vie pour en jouer ? Akvan sortait l’année dernière son premier album longue durée, et son authenticité apporte beaucoup à l’atmosphère de sa musique…

On a beau dire, mais il n’y a rien de plus facile que de faire du black metal en Europe, pour ne citer qu’elle. Personne n’est inquiété par qui que ce soit, du moins lorsque les éventuelles opinions politiques ne débordent pas trop. Et quand bien même, ça n’est rien comparé aux risques encourus par Dominus Vizaresa, unique tête pensante d’Akvan, quand il s’agit de composer ou de jouer sa musique. Tout de suite, cela apporte indéniablement quelque chose à sa musique, comme une espèce d’aura véritable qu’il est difficile de retrouver ailleurs. Qu’on le veuille ou non, lorsque l’on connaît le contexte dans lequel certains albums sont créés, ça change beaucoup de choses.

Musicalement, Akvan mêle un black metal assez raw à des sonorités folk rendues possible par l’utilisation d’instruments traditionnels tel que le sitar. On retrouve également quelques joyeusetés très agréables à l’oreille, comme ce solo fantastique aux accents heavy sur « طبرستان / Tabaristan ». Malgré la froideur de son black metal, Akvan se montre suffisamment enivrant pour ne pas larguer l’auditeur en cours de route. On retrouve quelque chose de sincère et de bien équilibré sur la durée, ce qui permet d’obtenir un album endurant dont tous les titres ont quelque chose à offrir à un auditeur curieux comme initié.

Si les parties qui se muent en musique traditionnelle ont beaucoup de charme, ce sont les riffs et les soli qui présentent le plus d’intérêt, citons « خون زال / Blood ov Zal » à titre d’exemple ainsi que l’interlude qui la suit de près. Akvan semble en opposition constante avec son pays, ou du moins, ce qu’il est devenu, comme en témoigne son utilisation de l’anglais ainsi que sa volonté de dédier son oeuvre au peuple iranien. Rarement autant d’énergie aura été consacrée à une cause aussi noble que la défense d’un patrimoine culturel et historique aussi riche que celui de l’Iran. Akvan se bat avec ses armes, mais avec beaucoup de coeur, et son travail sur شکوه فراموش شده / Forgotten Glory force évidemment le respect.

Shaytan Productions eut le nez creux en proposant une édition physique du premier album d’Akvan. La symbolique est très forte sur ce genre d’album, et lorsqu’elle soutenue par une qualité musicale aussi bonne et entraînante, on ne peut qu’adhérer. Après une ribambelle de sorties mineures, donc quelques singles qui sont venus meubler ce même album, Akvan a signé une sortie de choix. Espérons que la suite soit d’aussi bonne qualité pour l’artiste iranien, si suite il y a…

 

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