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Silent Chaos – Osclltr012

Pays : Italie
Genre : Musique Expérimentale
Label : Osclltr
Date de sortie : 23 Avril 2018

Le tout nouveau label allemand Osclltr, formé à l’automne 2017, spécialisé dans la musique électronique, entre techno sombre et expérimentations, nous gratifie de la sortie de l’album de Silent Chaos. Duo formé en Italie en 2016, il est composé d’Ugo Vantini et Marta Noone. Il s’agit là d’une musique qui s’adresse à notre conscience et composée d’expérimentations électroniques à la fois spontanées et directes, entre boucles rugueuses et configurations raffinées de synthétiseurs modulaires. Dans la ligne graphique du label, le ton est donné : visuel minimaliste composé dans l’esprit de l’art génératif sur fond noir ; c’est l’époque et la folie des algorithmes qui vous parle.

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Sobrement, l’album porte le nom du numéro de catalogue attribué par le label (Osclltr012). Dans l’esprit de l’art sériel, l’œuvre du duo épouse l’aspect conceptuel du label berlinois et la musique se place en retrait de toute forme de narration. Les morceaux sont extrêmement riches, s’ils se situent dans le registre de la drone, ils sont plein de noirceur et d’aspérités. Quatre pistes, de I à IV, défileront rapidement pour une odyssée électronique d’un peu plus de quarante minutes.

La première piste bâtit sans attendre un amas de strates à la fois extrêmement denses et pleines de ramifications. Les percussions, qui sont du domaine de la partie masculine du groupe donne au morceau une intensité sans concession. La recette est très efficace, tandis que le morceau s’étire, des harmonies subtiles se dégagent alors que les effets spéciaux donnent un autre intérêt à cette musique, qui nous plonge dans un univers abstrait, sombre et plein d’artefacts électroniques. La fin du morceau construit des espaces plus aérés, les effets ne sont plus que les échos de leur propre folie lors des phases précédentes. Les différentes ramifications et textures deviennent plus sobres afin de revenir au stade le plus minimal.

« II » commence par des textures aériennes et vaporeuses vites perturbées par une mélodie à la fois sourde et intense dans les basses. Le morceau se veut cyclique et dévoile au fur et à mesure d’élégantes nappes qui construisent des harmonies, des samples de vagues répondant parfaitement à cette piste qui se construit autour de la boucle initiale. Des sonorités rythmiques et bruitistes construisent rapidement un déferlement de sonorités qui s’échangent et sonnent comme un appel. Un kick puissant enfin rythme ces sonorités à la fois abyssales et puissantes, qui se substituent aux motifs déployés auparavant. On ne s’ennuie pas une seconde et on se délecte de ces sonorités abrasives et nouvelles, le but de l’expérimentation musicale est finalement de faire émerger des sonorités inédites.

« III » est peut être plus classique. Il s’agit du mélange de sonorités à la fois bruitistes et glitchées, et de voix qui se coupes et qui s’accélèrent, le tout se mélange à des strates de bruits qui forment des basses incisives. Les transitions épousent les procédés de la techno, mais dans cette veine expérimentale et personnelle qui rend cette musique digne du plus grand intérêt. En effet, Silent Chaos sait jouer avec les contraires, les transitions sont parfois brusques comme dans ce morceau, où l’on passe des textures les plus solides à des mariages sonores qui deviennent éthérés et aériens. Les boucles initiales finissent par se mélanger à un nouvel environnement sonore qui évolue sans cesse. Les voix renforcent ce sentiment de perdition au sein d’un univers angoissant, entre maelström électronique et langage sonore qui emprunte ici à la musique concrète ou au power electronics.

Dans la lignée de la précédente, « IV », la dernière piste de cet album, est plus mystérieuse et lyrique. Notre attention se fixe sur la variation de quelques notes qui s’étirent et véhiculent leur venin à travers quelques larsens. Quelques notes de rivière et de percussions en retrait s’ajoutent à la musique, donnant une vibration moins abstraite. En effet, ces textures de cuivres donnent un côté plus imagé à la musique, plus référencé aussi, comme une rêverie orientale qui se mélangerait à un cauchemar électronique. Enfin, les dernières notes sont aussi les dernières secousses d’un album qui saisit notre attention jusqu’à la fin.

Silent Chaos livre dans cet album une musique dont les expérimentations sont à la fois riches et variées. Le duo déploie dans cet album des variations qui provoquent l’inattendu. Entre sonorités inédites, poésie électronique noire et sobrement évocative, Silent Chaos est parmi les groupes de musique expérimentale les plus intéressants. Si la part d’improvisation est sans doute importante, c’est la façon dont les musiciens savent jouer avec ces sonorités qui rend certains passages finalement classiques, tant le langage du groupe emprunte à différents genres de musiques, de la techno au dark ambient ou du Power electronics à la musique concrète.

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