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Psionic Asylum – Deathscapes

Pays : Russie
Genre : Dark Ambient
Label : Distorted Void
Date de sortie : 22 Avril 2018

Pour certains, la mort est une fin, mais elle ne peut être pour d’autres qu’une étape. Le musicien russe Psionic Asylum a décidé de nous plonger dans différentes visions de ce moment comme autant de points de vues et d’interprétations possibles. Originaire de Tioumen, en Sibérie occidentale, l’artiste russe nous gratifie de la première sortie de son label, Distorted Void, focalisé sur le dark ambient. En six pistes, Deathscapes nous emmène dans un univers lugubre de drone ciselée et de sobres ornementations.

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L’album s’ouvre sur « Rain Over Your Grave », un morceau de plus de quatorze minutes qui nous offre une première vision de la mort depuis l’extérieur. Les enregistrements de pluie sonnent comme des coups tandis que se met en route différentes strates : une piste de drone assez minimaliste, mais surtout ces voix complètement folles. Les cloches sonnent, il y a du tonnerre, puis les voix susurrent une véritable malédiction. Les fantômes ne sont pas loin dans cette ambiance à la fois réaliste et gothique. Un motif de piano souligne une ambiance noire et romantique avant que le rythme martelé par la pluie ne devienne une expérimentation qui s’étire.

« Charon’s Bad Trip » débute par cette formule classique de sons acoustiques qui se mêlent et se déforment, en même temps qu’un pad de synthétiseur pose cette couche sonore nécessaire à l’harmonie et à l’immersion. Les voix se mêlent au bruit dans cette ambiance résolument malsaine. Psionic Asylum ne se répète pas et trouve aisément l’autre formule d’un rythme entêtant qui produit un effet de suspens. Les couches s’accumulent et ce bad trip devient la révélation d’un enfer superbe composé de voix d’outre-tombe. La musique devient un savant mélange de brutalité et de raffinement ; la voix est immonde, de quoi dissuader les mortels que nous sommes d’être confrontés à de telles visions.

« Where The Time Dies » nous emporte du côté d’une symbolique intéressante, celle du temps qui s’estompe et qui crée de multiples interprétations du temps et de l’espace, comme de ce qui est du début ou de la fin. Les textures sont riches et pénétrantes dans ce morceau de drone méditative, qui se lie rapidement à différents rythmes composés à partir d’enregistrements acoustiques. Cette musique connait trois étapes dans son évolution. Les harmonies se forment pour créer des nappes riches et puissantes alors que les rythmes résonnent dans cet espace qui se transforme.

« Soul Autopsy » nous emmène dans un morceau de drone abyssal à la fois strident et obsédant. La force du musicien russe est de maîtriser les structures et les volumes de sa musique. Il distille en effet ses samples et arrive à les lier de manière pertinente, de façon à créer des alternances de moments puissants et instrumentaux, ou d’autres, qui vont chercher du côté de l’hallucination macabre, comme lorsqu’une voix répète d’étranges litanies qui se muent en voix monstrueuses au fur et à mesure du morceau.

« Decay » est un morceau sobre qui fonctionne sur un schéma dont on ne se lasse absolument pas. Un rythme et des variations entre deux pads construisent rapidement un univers musical en mutation qui se lie et se délie. Les mélodies simplistes formées par les synthétiseurs sont dérangeantes dans ce morceau qui devient plus aérien. Quelques enregistrements gorgés de delay donnent le sentiment d’une réalité volatile et insaisissable. Enfin, cette piste devient oppressante et stridente avant que ne commence « The End », le dernier morceau de cet album. La pluie est de retour, comme si la plupart des morceaux de cet album nous avaient emmenés dans un voyage au sein d’une tombe et de la mort. Une guitare crée d’office un thème magnifique, en clair obscur, entre un paysage sonore désolé et la beauté et la clarté de cette mélodie. Enfin, quelques notes de piano concluent cet album sobrement.

Avec une réelle économie de moyens, Psionic Asylum réalise un album parfois dérangeant mais qui résonne comme un voyage au sein de différentes visions autour du thème de la mort. L’artiste russe fait preuve d’une grande maîtrise des structures de sa musique et use avec parcimonie de recettes qui fonctionnent. Les mélodies, qui sont relativement rares, magnifient cette univers de désolation et d’hallucinations, tantôt monstrueuses, tantôt méditatives. Cette musique est riche et inventive, et elle confirme le talent de l’auteur qui avait déjà réalisé plusieurs albums notables, comme l’album Coma, sorti chez Noctivagant en 2017. Il vous reste donc à suivre dans le futur le label Distorted Void, qui s’annonce intéressant si les sorties sont à la hauteur de ce très bon album qu’est Deathscapes.

 

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