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Profanatica – Profanatitas de Domonatia

Pays : États-Unis
Genre : Death/Black Metal
Label : Hells Headbangers Records
Date de sortie : 14 Mai 2007

En ce moment, sur Heiðnir, vous entendez parler de folk, d’ambient, et beaucoup de dungeon synth. Le black metal, lui, est un peu passé à la trappe pour le moment. Fort heureusement, votre serviteur est là pour remettre les croix à l’envers. Aujourd’hui, nous parlons donc d’une horreur venue du passé, plus précisément d’il y a dix ans. Aujourd’hui, nous déterrons Profanatica.

Profanatica, c’est le groupe de Paul Ledney, ancien de chez Incantation. Si une piqûre de rappel est nécessaire, Incantation est sans doute le groupe de death metal méritant le titre d’entité la plus blasphématoire et infernale du genre. Profanatica, c’est en quelque sortes la version black metal d’Incantation. Aussi infernal, aussi blasphématoire, mais encore plus repoussant et vicieux. Formé en 1990, le groupe a enchaîné les démos, EP et autres sorties, avant d’enfin se décider à sortir un album en 2007. Et cet album, c’est Profanatitas de Domonatia, avec son artwork qui annonce de suite la couleur.

Commençons par le commencement, Profanatica n’a jamais fait de la musique compliquée. Mélangez les riffs du Incantation du Entrantment of Evil et le Darkthrone de la unholly trinity, et vous avez une bonne idée de ce qui constitue les disques du groupe. Profanatica reste très primaire, sale et rudimentaire, et c’est ce qui fait sa force.

Venons-en enfin à cet album. L’introduction avec ces nappes de claviers bien lourdes, qui pourraient être kitsch si l’on n’avait pas la pochette sous les yeux, pose déjà bien l’ambiance pesante dans laquelle baignera tout l’album. Vient ensuite cette basse qui gronde sur une seule note pendant de longues secondes. Cela sonne bête comme chou, mais cette basse a le don de prendre à la gorge à chaque écoute, tant elle se fait menaçante. Premiers riffs, premiers hurlements, et l’on comprend très vite que les choses vont mal se passer pour le petit Jésus. Profanatica est monolithique, inhumain, damné, purement démoniaque. Les riffs font rarement plus de quatre notes, les cris restent très linéaires, la répétition est évidemment de mise. On oscille entre death putride et black bestial qui rappelle souvent Archgoat.

Tout est là pour faire un disque pauvre et insipide. Et pauvre, Profanatica l’est. Du point de vue musical, ça ne va vraiment pas très loin. Mais insipide, jamais. L’atmosphère qu’invoque le groupe tout au long du disque est inexplicable. Avec cette production étouffée, ces guitares bourdonnantes, sa basse asphyxiante qui ferait trembler n’importe quelle foi tant elle sonne empêtrée dans la fange du péché, et sa batterie rachitique, on n’en vient vite à se demander comment des titres aussi mal dégrossis et primitifs arrivent à instaurer un tel climat de malaise. L’explication est simple, Profanatica est le blasphème. Pas celui qui est intelligemment ciselé, théologiquement conceptualisé ou sublimé comme le ferait un Deathspell Omega, mais le blasphème répugnant, brutal et bestial. Le groupe joue sur tous les tableaux. Violences envers les figures saintes, appels démoniaques, perversions sexuelles et vices érigées en armes. Profanatica est une horreur, et il en jouit.

Les chansons s’enchaînent, difficiles d’en retenir une en particulier. Toutes sont composées de la même manière. C’est le seul reproche que l’on peut adresser à ce disque, et pas des moindres. Il peut devenir monotone et lassant si l’on ne fait pas l’effort de baisser la garde et de prêter le flanc. En fait, Profanatitas de Domonatia fait partie de ces disques cultes dont on doute longtemps de la légitimité du statut, en se demandant comment quelque chose d’aussi plat a pu se voir consacré, jusqu’à ce qu’un beau jour, sans que l’on sache pourquoi, au cours duquel une révélation diabolique a lieu. Profanatica est une épiphanie du mal, une proclamation satanique qui ne vous prendra jamais qu’à revers.

Nombreux seront ceux qui n’aimeront pas ce disque s’il s’agit d’une première écoute. Le groupe n’a ni la capacité à faire bouillir le sang d’Archgoat, ni la perversion aussi frénétique et concupiscente que l’Arkhon Infaustus des débuts. Profanatica est le marécage de l’Enfer. Avec sa pourriture, sa perversion, ses vapeurs lourdes et étouffantes, et ses démons ricanant difformes venus vous perdre. Un marécage dont on ne s’échappe jamais, qui vous a aspiré les genoux alors que vous étiez en train d’essayer de discerner quelque chose à travers les miasmes putrides.

Trop souvent oublié, Profanatica est un groupe complètement unique, qui ne ressemble à aucun autre. Un blasphème vivant, rampant dans les eaux troubles de l’underground depuis bientôt trente ans. Un groupe qu’il faut découvrir et auquel il faut se confronter.

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