Délétère – De Horae Leprae

Pays : Canada
Genre : Black Metal
Label : Sepulchral Productions
Date de sortie : 15 Juin 2018

Un peu plus d’un an après la sortie remarquée de l’EP Per Aspera Ad Pestilentiam, le duo québécois Délétère, qui est d’ailleurs en tournée au moment où ces lignes sont écrites, revient avec la sortie très attendue de son deuxième album longue durée. De Horae Leprae, qui pèse tout de même plus d’une heure sur la balance, offre justement à boire et à manger aux nombreux adeptes de Délétère qui attendaient sa sortie avec impatience. Per Aspera Ad Pestilentiam avait grandement satisfait par son contenu, en est-il de même pour De Horae Leprae ?


Délétère est assurément à citer parmi les fers de lance du black metal propre au Québec, et vous remarquerez que j’utilise volontairement le terme black metal, et non métal noir québécois, tout simplement parce que le groupe, par les différentes spécificités de sa musique, n’a pas grand chose à voir avec les atmosphères froides et hivernales généralement associées au genre de la province francophone. Mais soit, tout dépend sans doute de la vision du genre que l’on peut avoir. Toujours est-il que Délétère est un groupe à part et que sa musique est reconnaissable entre mille, et la chose est évidemment vérifiable avec la sortie de ce nouvel album.

Délétère, c’est avant tout ce black metal débordant d’énergie. Toujours survoltée, la musique du duo offre une rythmique de folie ainsi que des riffs qui écrasent absolument tout sur leur passage. Après une introduction à l’orgue sur « Cantus I – Teredinis Lepra », c’est d’ailleurs avec plaisir que l’on retrouve cette enthousiasme unique dès lors que les guitares et la batterie sonnent la charge. Rythme dévastateur, son de guitare absolument parfait, et voici que l’échine est parcourue de frissons, ceux qui rendent compte de la puissance des émotions ressenties. Délétère est de retour, et Délétère n’a pas envie d’y aller avec le dos de la cuillère.

L’identité bien affirmée de Délétère concerne aussi ses thématiques et sa manière de nommer son travail. La maladie est de retour sur le plan thématique, et le groupe utilise toujours son savant mélange de latin et de français, notamment dans les paroles de chaque titre. Tout ceci contribue à faire de Délétère un groupe à part, un groupe que l’on reconnaît de suite, sans réellement procéder par élimination, et dans le black metal, c’est devenu trop rare.

Sur le plan musical pur, De Horae Leprae est évidemment une immense réussite. Il se montre bien équilibré et ne lasse pas pour un sou, ce qui est une véritable prouesse pour un album de plus d’une heure, format qui se raréfie avec le temps. Chaque titre apporte son lot d’enthousiasme et de riffs ravageurs, et on retrouve d’ailleurs avec plaisir « Cantus IV – Inopia et Morbo », le titre phare de l’EP Per Aspera Ad Pestilentiam. Oui, De Horae Leprae est en de nombreux points similaire à la sortie la précédant dans la discographie du duo québécois, mais ça n’est absolument pas une mauvaise chose, loin s’en faut…

L’album se clot sur « Cantus IX – Oratio Magna », dont l’introduction n’aurait juré sur aucun album de dungeon synth digne de ce nom, et c’est ainsi que meurt De Horae Leprae, terrassé par la maladie qui le ronge depuis de nombreuses semaines. Délétère a frappé un grand coup, que dis-je, un énorme coup avec ce deuxième album. Non content d’être l’une des valeurs sûres de la scène québécoise, le duo a mis au monde un album qui met littéralement à genoux une bonne partie des groupes évoluant dans un registre similaire et  ayant également sorti un album cette année. D’ici à ce que De Horae Leprae soit régulièrement cité parmi les sorties de l’année, il n’y a qu’un pas…

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