Ad Hominem – Napalm For All

Pays : France
Genre : Black Metal
Label : Osmose Productions
Date de sortie : 13 Avril 2018

Après trois ans d’absence, Ad Hominem est de retour, et on peut déjà dire que suite au réactions parfois mitigées qu’il a engendré, peu de gens espéraient le voir continuer sur la lancée d’Antitheist. Or, c’est bien ce que Kaiser Wodhanaz a fait ici, continuer sa transition du black metal industriel ultra violent dans lequel il évoluait vers un black metal de plus en plus rock’n’roll. Antitheist avait un peu divisé les amateurs d’Ad Hominem, beaucoup avaient boudé cette nouvelle facette rock’n’roll et quelques-uns y avaient trouvés leur compte. Bien que j’aie réussi à apprécier quelques morceaux de cet Antitheist, j’étais déjà persuadé qu’il serait compliqué pour Ad Hominem de faire mieux en restant dans la même veine avec Napalm For All.


Comme a son habitude, Kaiser Wodhanaz choisis les titres de ses morceaux avec la finesse qui le caractérise et on peut, au choix, avoir envie de rire ou de pleurer en découvrant chaque piste. Avec toujours autant de bon goût, Kaiser Wodhanaz n’a pas peur de continuer avec les noms de morceaux pleins de provocations et, comme sur Antitheist, la même beauferie assumée. On voit donc ici se succéder des morceaux tels que « Goatfucker », « You Are My Slut » ou « Vatican Gay ». Pas de doute possible, on a bien ici affaire au petit frère d’Antitheist.

Et pourtant on se rend assez vite compte que ce Napalm For All n’atteint pas le niveau de son prédécesseur. On a toujours cette voix grave et puissante, mais pour le reste on a beaucoup perdu de ce qui faisait la qualité d’Ad Hominem. Les riffs, qui se veulent à moitié dans une ambiance presque plus totalitaire et complètement rock’n’roll ont perdu de leur mordant, de leur puissance. On a ici un tempo qui est la plupart du temps lent, et ça ne réussit pas forcément à Kaiser Wodhanaz. Là où on avait eu autrefois un déferlement de misanthropie mégalomane, et par la suite du black’n’roll qui puait le vice, on se retrouve ici avec des riffs parfois à la limite du gentillet et qui peinent à donner envie de bouger la tête.

La basse a pourtant une place de choix et pourrait insuffler une vraie puissance à la musique, mais rien à faire, elle ne sauve pas ces riffs éculés qui ont perdu en saveur. Même la voix, dont je parlais plus haut, transpire moins la haine qu’avant. On en vient même à se demander ce qui a bien pu se passer, si c’est toujours notre bon Kaiser Wodhanaz qui compose tout ça. Et pourtant, on arrive encore à percevoir un talent de composition, un talent qui existe vraiment, puisque périodiquement, on a affaire de temps en temps à de bon riffs, mais ceux-ci sont noyés dans une masse de riffs simplement moyens ou ennuyeux. Pour être plus concret, on a par exemple « Consecrate The Abomination » qui a un premier riff qui accroche tout de suite l’oreille, mais qui enchaîne sur un riff qui va devenir ennuyeux au bout de dix secondes et cette piste, comme beaucoup d’autres, perd tout intérêt.

Si on essaye de creuser un peu, on pourrait presque croire que Kaiser Wodhanaz s’est lassé. Que sa haine qu’il dirigeait contre l’humanité entière s’est ternie et qu’il n’arrive plus à transmettre comme autrefois son envie d’en découdre à l’auditeur. Peut-être même essaie-t-il de se convaincre lui même qu’il a encore quelque chose à offrir dans ce domaine en donnant toujours dans les morceaux au paroles plus que provocatrices, mais où la musique ne suit pas. Si ma théorie de psychologue de comptoir est vraie, cela veut dire que Kaiser Wodhanaz s’est lassé de son propre projet et que ses « Goatfucker » ou « Vatican Gay » n’ont plus rien de sincère. On peut même penser que Kaiser Wodhanaz essaie de garder un public qu’il aurait peur de dérouter en changeant complètement de voie, et qu’il n’ose même pas essayer de sauver les meubles malgré la perte de qualité de ses compositions.

Encore une fois, je suis complètement déçu par un groupe que j’avais jusque-là adulé. On a affaire ici à un album plat et ennuyeux qui n’apporte pas grand chose, et Ad Hominem n’est plus que l’ombre de ce qu’il a été autrefois. Il n’y a donc pas de nombreuses solutions pour l’avenir de Ad Hominem si le projet doit perdurer, il va falloir qu’il opère une grande remise en question et un changement radical. Soit il va falloir en finir pour de bon avec Ad Hominem et expérimenter des choses complètement nouvelles pour lui, soit opérer un vrai retour au sources et essayer de faire un album dans la même veine que Climax Of Hatred ou Dictator, et ainsi essayer de les surpasser en terme de puissance et de qualité.

 

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