Interview – Necrowretch

Necrowretch fait figure d’exception dans la scène française. Il y avait longtemps qu’un groupe ne s’était pas montré aussi agressif, aussi furieux et aussi infernal dans l’Hexagone. Il n’a pas fallu longtemps à votre serviteur pour succomber aux assauts de l’entité démoniaque, qui sortait il y a un an son troisième et jusqu’à présent meilleur album. La parole est à Vlad, fondateur et leader du groupe. 

Mine de rien, après plus de dix ans, Necrowretch s’est forgé une belle réputation, autant sur scène que sur album. Comment ressens-tu cette situation ?
Salut et merci pour l’entretien ! Cette décennie au service du death metal s’est vraiment écoulée rapidement, je me souviens encore des premiers jours du groupe au fin fond de la Drôme, à faire des photos près des vieux donjons, écrire les premiers morceaux, essayer péniblement de leur donner vie dans un vestiaire de rugby qui nous servait de local… Le line up a vraiment changé depuis ce temps-là, et je suis le seul survivant de l’aventure. Un peu à la manière d’Highlander j’ai réussi à conserver ma tête et acquérir une expérience qui a permis à Necrowretch de se renouveler au cours des albums. L’aventure continue et nous visons d’autres challenges, que ce soit au niveau musical ou personnel.

Satanic Slavery a vraiment marqué une étape pour le groupe, de mon point de vue. L’album a eu un beau succès et reste vraiment excellent. Écoute après écoute, il arrive à garder une rage profonde qui le rend assez ultime. Peux-tu nous parler de la manière dont tu l’as composé et comment tu le perçois un an après sa sortie ?
Durant l’été 2015 nous avons signé un deal avec Season of Mist pour un nouvel album. Afin de donner le meilleur de moi-même et de produire un album homogène et cohérent, j’ai tout lâché et je me suis enfermé chez moi pendant six mois pour travailler nuit et jour sur l’album. J’alternais mes journées entre guitare, sport, marche en forêt pour ensuite mieux revenir sur la guitare et écrire pas à pas l’album. J’ai vraiment travaillé de manière à ce que l’album ai un début et une fin, ainsi les titres ont été écrits dans l’ordre que l’on retrouve sur l’album.

Par la suite j’ai enregistré plusieurs versions démo et nous avons retravaillé certains aspects avec le line up avant d’entrer en studio et de donner vie à ce troisième album. En réécoutant l’album aujourd’hui je reste très satisfait de ce disque, on a vraiment joué à fond dessus et ça se ressent à mort, il y a une ambiance vraiment infernale sur le disque. Avec les concerts qui ont suivi on a encore affiné certains titres, et certains d’entre eux paraîtrons sur le futur LP live qui sortira au mois de septembre 2018.

Je crois avoir lu quelque part que tu as commencé à apprendre la guitare spécifiquement dans l’optique de fonder Necrowretch. Comment s’est passé ce déclic ?
C’est après avoir écouté l’album Scream Bloody Gore de Death que j’ai vraiment eu le déclic pour former mon propre groupe. Je n’ai jamais pris de cours ou quoi que ce soit, dès que j’ai commencé la guitare j’ai enregistré des riffs et par la suite des démos maisons.

Une question que je me suis souvent posée, quelles sont les influences de Necrowretch ? J’ai souvent l’impression de trouver des traces de groupes comme Incantation et de Profanatica dans ta musique.
Tu me parles de deux groupes que je n’ai jamais vraiment écouté donc je ne peux me prononcer là-dessus. On a toujours été fortement influencé par le death metal américain et suédois des années 1990, mais également par les formations cultissimes d’Amérique du sud comme Sepultura (la bonne époque bien sûr), Mortem, Sarcófago, Anal Vomit… On pourrait aussi rajouter Marduk, Dissection ou Bathory.

Il me semble que les paroles du groupe sont basées sur un concept, une trame précise. Peux-tu nous en parler ?
Le Necrowretch est une sorte de prête mort vivant qui par la suite a pris la forme d’une sorte de divinité diabolique. C’était quelque chose de plus présent sur les débuts du groupe, sur Satanic Slavery on a voulu aborder des thèmes plus concrets en rapport avec l’histoire et la religion, mais toujours avec ce monstre en toile de fond.

J’ai vu le groupe à Nantes il y a six mois en compagnie d’Impiety. J’avais été très déçu de ce concert à cause du son lamentable du Ferrailleur, mais absolument bluffé par la fureur que dégageait Necrowretch sur scène. Vous aviez d’ailleurs eu le son le plus correct de la soirée. Comment te souviens-tu de cette date ? J’imagine que ça devait être quelque chose de tourner avec un monstre comme Impiety ?
Je me souviens d’un très bon concert ce soir-là, d’ailleurs sur l’ensemble de la tournée on a vraiment eu une bonne expérience musicale et humaine avec les membres d’Impiety, qui sont vraiment bon esprit en plus de jouer comme des tarés.

Peux-tu me parler de ton avis sur la scène metal underground actuelle ?
Hélas ça devient de plus en plus pathétique et grotesque, beaucoup (trop) de groupes mais très peu de talent. D’un côté on peut apercevoir une scène en manque d’originalité jouer planquée sous des capuches avec de l’occultisme à deux balles et du pseudo chant grégorien… De l’autre, des guignols avec des logos rouges et des lunettes de soleil tomber dans une sorte de mauvais black metal… Ce n’est pas tant ce genre de groupe qui me choque mais plutôt l’admiration et le soutien apporté par une scène qui se dit « underground ». Pour cette raison je ne m’intéresse plus trop aux sorties actuelles.

Dans une interview datant d’il y a maintenant quelques temps, tu disais être dans un véritable état de transe au moment d’enregistrer la musique de Necrowretch, que ça faisait ressortir une frénésie qui n’était pas prêt de s’atténuer dans les prochaines productions.
Oui je suis allé jusqu’à m’infliger des sévices sur certaines prises pour donner le meilleur de moi-même au niveau des prises de chant. Je relie ça à la question précédente, si tu joues du metal extrême il faut vraiment que tu vives le truc à fond surtout au moment de l’enregistrer. Si tu t’en tiens à un death metal « smicard » comment veux-tu que ta musique puisse toucher quelqu’un ?

Quand on parle de black death français, avant que Necrowretch n’arrive, on parlait surtout d’Arkhon Infaustus. Le groupe fait-il parti de tes influences ?
Je n’ai jamais vraiment écouté ce groupe, ni même la scène française en particulier, j’ai toujours vraiment été tourné vers les groupes des années 1980-1990 et vers l’énergie qu’on pouvait ressentir sur ces disques.

En-dehors de la musique, es-tu inspiré par d’autres types d’œuvres d’art pour composer la musique ou les paroles ?
L’histoire du monde et des religions, les faits tragiques de notre époque ou de notre passé. Les émotions en général.

Parle-nous des derniers albums qui t’ont plu récemment ?
Le dernier Necros Christos est vraiment bon, un peu long comme d’habitude mais on peut sentir un gros travail derrière. Sinon quelques groupes asiatiques bien enragés comme Sucubbus ou Exhumation.

Que peut-on attendre de Necrowretch pour le futur ?
Nous allons terminer le chapitre Satanic Slavery avec deux tournées, l’une en Europe au mois de septembre (Nerowretch + Cemetary Urn) et l’autre en Asie au mois de novembre. Le tout sera soutenu par la sortie de notre album live. Par la suite nous entamerons l’écriture du quatrième album.

Merci pour ton temps !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *