Moloch Conspiracy – The Cave of Metaphysical Darkness & Lights

Pays : France
Genre : Dark Ambient
Label : Eighth Tower Records
Date de sortie : 29 Juin 2018

Quelques mois après la sortie de The Burned Temple, qui était particulièrement porté sur des ambiances ritualistes à souhait, l’artiste Moloch Conspiracy semble cette fois emmener son public vers une musique bien plus sombre et caverneuse avec The Cave of Metaphysical Darkness & Lights. Le nouvel album du projet de dark ambient, qui se pare d’ailleurs d’une belle édition digipack, intrigue beaucoup son monde et est d’ailleurs capable de tisser autour de l’auditeur des atmosphères pour le moins troublantes. Le moment est venu de rejoindre les profondeurs les plus obscurs de la Terre…

Après avoir notamment exploré la divinité Tiamat dans son précédent album, l’artiste français a cette fois-ci tenu à consacrer l’un des titres de The Cave of Metaphysical Darkness & Lights à Kulullû, créature ayant elle aussi émergé de la mythologie mésopotamienne. De la même manière, un titre est également consacré à Apsû, l’océan souterrain lui aussi tiré de cette mythologie, duquel découlerait tous les points d’eau du monde. Une fois le décor posé, on ne peut que remarquer à nouveau la fascination qui anime l’artiste vis-à-vis de la mythologie mésopotamienne, et cela l’inspire visiblement beaucoup…

Au coeur d’un album finalement assez peu accessible, les évocations noires et mystérieuses sont légion pour perdre l’auditeur en route et le laisser retrouver son chemin seul, lui qui est complètement perdu dans ce qui semble être une grotte sans fin et peuplée de choses bien trop obscures pour être nommées. Après une introduction aux allures dark ambient pures, l’étau semble se resserrer autour de l’auditeur avec « Fear of Stones ». La pression se fait plus grande, et la détresse commence à grandir petit à petit, comme nourrie par ces inquiétantes sonorités qui encerclent dangereusement l’auditeur. Difficile de penser à quoi que ce soit sinon à une peur grandissante.

Au fur et à mesure que le titre évolue, une paroi rocheuse monstrueuse semble se dessiner dans l’obscurité noire de jais. Les sonorités se font alors de plus en plus aiguës et oppressantes, comme pour avertir d’un danger. « Kulullû » prend alors le relais, d’abord avec des sonorités plutôt stridentes, puis avec une sinistre mélodie qui s’élève dans la brume de manière irrépressible. Vous voilà pris au piège par le maître des lieux, et il prend visiblement à coeur le fait de pouvoir jouer avec vous. Viens ensuite « Apsû » et ses sonorités au premier abord plus sereines mais non moins angoissantes, avec ses chants féminins diablement déroutants.

Le but est ici d’amadouer, d’attirer, mais l’issue demeure tout aussi funeste. Telles des sirènes monstrueuses dans l’océan souterrain Apsû, ces créatures vous attirent pour mieux se délecter de votre peur. Il s’agit assurément de l’un des titres les plus réussis de l’album par le cocktail presque hallucinatoire qu’il propose. Les évocations plus inquiétantes reviennent ensuite de plus belles avec « The Subterranean River », mais on aurait toutefois aimé que la peur dépeinte soit ici plus viscérale. On a davantage affaire à de l’enregistrement d’ambiance qu’à de la musique ambiante pure. « The Awful Ritual » rattrape heureusement cette légère baisse de régime, et de manière très efficace.

Renouant avec les touches ritualistes qui avaient fait le succès de The Burned Temple, Moloch Conspiracy fait ici le récit d’un rituel très sombre parfois entrecoupés de cris qui n’ont pas grand chose d’humain ou de chœurs célestes glaçants. Très efficace. Vient enfin l’épilogue, qui semble vouloir reprendre les éléments utilisés dans l’album pour porter le coup fatal, mais aussi pour se montrer touchant, et qui propose par la même occasion un condensé de ce dont Moloch Conspiracy est capable pour faire voyager son public.

C’est à nouveau une brillante réussite de la part de l’artiste français, qui propose cette fois-ci un album plus recherché que son prédécesseur avec The Cave of Metaphysical Darkness & Lights. Toujours avec la mythologie mésopotamienne en toile de fond, Moloch Conspiracy continue de faire ressentir maintes émotions à un public désormais acquis à sa cause, et il s’agit là d’une bien juste récompense.

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