Live Report – Pénitence Onirique + Möhrkvlth + Moonreich – Rennes

Le vendredi 13 juillet était une date que j’attendais tout particulièrement, et ceci depuis des semaines. En effet, le bar rennais La Jument Pavoisée, fêtait ses deux ans d’existence et en a profité pour inviter à se produire sur scène des groupes de black metal plutôt réputés en France. Le groupe de black metal froid et moderne Moonreich et Pénitence Onirique, groupe de black metal atmosphérique, partageaient la scène avec Möhrkvlth, groupe de pagan black breton. Était également présent le conteur Quentin Foureau qui a ouvert la soirée.

Dans un élan de prévoyance et de bonne volonté, c’est à dix-sept heures que je me décide à investir les lieux, quelques heures avant le début des contes de Quentin Foureau. Déjà, quelques uns des clients les plus motivés du bar sont présents pendant que le personnel se démène, déterminé à tout faire pour que la soirée se passe au mieux. Je suis à cet instant inquiet vis-à-vis du nombre de personnes qui pourrait venir se masser dans ce petit bar, mais je me rassure au fur et à mesure de la soirée, car malgré le nombre important de personnes qui arrivent, je me rends compte que le personnel s’est donné les moyens de ses ambitions et tout est mis en œuvre pour accueillir le public, un stand de merchandising bien fourni a été installé, des agents de sécurité ont été dépêchés pour l’occasion et le son est tout à fait correct et porte dans tout le bar.

La soirée commence donc en douceur avec le conteur Quentin Foureau, la majorité du public attentif est assis par terre, en cercle autour du conteur, le tout dans une attitude respectueuse où le silence se mélange à la fascination. Le seul bémol réside dans le fait que le public au fond du bar n’entend sûrement pas bien le conteur, à la fois parce que ce dernier n’utilise pas de micro, ce qui donne une ambiance plus authentique au spectacle, mais aussi et surtout parce que des personnes un peu moins intéressées par le spectacle se permettent de parler à voix haute. Cette introduction à la soirée est malgré tout fort intéressante, le conteur sait stimuler notre imagination et nous offre des contes venant de différentes région de la France, des contes où règne une ambiance sombre et inquiétante, où se mêlent parfois sorcellerie et superstition.

S’ensuit donc Pénitence Onirique, qui ramène encore plus de foule à l’intérieur du bar. Malheureusement, les places proches de la scène se font donc plus difficiles à obtenir, mais malgré le fait que je ne sois pas très bien placé, je constate que la salle est bien sonorisée et que le mixage est bien réalisé. Les riffs se discernent très bien, le son n’est pas brouillon malgré les trois guitares, la basse n’est pas trop forte et n’est pas non plus noyée par les guitares ou la batterie. Le seul qui peine un peu à se faire entendre, c’est le chanteur. Très bon son donc, j’irai même jusqu’à dire qu’on a ici un son plus proche des albums que lors du concert du groupe aux Feux de Beltane.

Visuellement, le spectacle est aussi réussi puisque les looks des musiciens, qui en font sans doute sourire certains, ont au moins le mérite de sortir du lot. En plus du côté élégant qui se dégage de la tenue de chaque membre, le groupe va plus loin que les groupes de black metal à capuche qui pullulent, puisque chaque membre porte un magnifique masque doré et orné de bois. Je n’ai aucun reproche à faire non plus vis à vis de la prestation, aucune erreur de la part des musiciens, le bassiste assure et ses riffs se ressentent encore plus que sur les albums. Il est aussi surprenant de constater avec quelle facilité les guitaristes arrivent à garder une alchimie et à rester calés sur le même rythme tout en étant trois.

On atteint ensuite ce qui est pour moi le meilleur moment de la soirée. Je peux enfin découvrir Möhrkvlth, groupe dont on m’a rebattu les oreilles depuis des mois. Je commence le concert dans de très bonnes conditions puisque le public semble être moins intéressé par le groupe que par Pénitence Onirique, ce qui me permet de me choisir une place de choix, à quelques mètres du groupe et avec une vue imprenable sur la scène. Dès le départ, le chanteur essaie de donner un aspect rituel à son concert en manipulant ce qui ressemble à un crâne de chèvre, le tout en prenant une posture pieuse.

Le groupe commence ensuite à jouer et je ne décroche pas du concert, à aucun moment je ne suis distrait. À part quelques très rares riffs un peu moins inspirés que les autres, tout est parfait. Möhrkvlth joue un black metal à tendance pagan qui n’innove certes pas énormément mais où l’on ressent une grande inspiration dans les compositions et une réelle sincérité dans la démarche, sincérité qui est expliquée par la volonté du groupe de mettre en avant la culture et la langue bretonne dans sa musique.

Le dernier concert arrive donc et Moonreich investit la scène, et je dois vous avouer qu’à ce moment-là, je pars avec un à-priori assez négatif vis à vis du groupe. Entendez par là que je ne suis guère intéressé par son black metal au son très moderne mais qui me semble par ailleurs assez banal au premier abord, et qu’après avoir vaguement essayé sa musique sur disque, je m’attends à m’ennuyer ferme. Pourtant, même si ce concert ne me met pas dans le même état de transe que celui de Möhrkvlth quelques instants auparavant, je dois avouer que je passe un bon moment et que c’est une bonne surprise. Moonreich joue un black metal qui est certes violent mais en même temps très accessible, il est donc assez facile de faire abstraction de tout le reste et de se plonger dans les mélodies du groupe.

Je me rends également compte que la musique du groupe est bien moins basique que ce à quoi je m’attendais, j’assiste à des breaks très calmes qui sonnent presque jazz et quelques riffs me font presque penser à du hardcore. J’ai aussi la bonne surprise de réussir à très bien entendre le groupe même si je suis moins bien placé que pour les concerts précédents. Il faut aussi ajouter au crédit de Moonreich qu’il apporte encore plus de diversité à la soirée, puisqu’il évolue dans un registre encore différent des deux groupes précédents, toute cette variété empêchant un certain ennui qui aurait pu s’installer si tous les groupes présents avaient été trop semblables.

La soirée a continué avec la tombola organisée par le bar, qui a notamment permis à certains chanceux de gagner un week-end dans un gîte ainsi qu’une visite de brasserie. Je n’ai pour ma part pas tardé après deux heures du matin, mais le bar était exceptionnellement ouvert toute la nuit pour ceux qui voulaient continuer la fête. Ce fut donc une excellente soirée au cours de laquelle Möhrkvlth fut le groupe le plus marquant et une très bonne découverte. Moonreich fut également une bonne surprise et Pénitence Onirique a assuré une prestation quasiment irréprochable. Une soirée dont on se souviendra longtemps.

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