Spectral Wound – Infernal Decadence

Pays : Canada
Genre : Black Metal
Label : Les Fleurs du Mal Productions
Date de sortie : 1 Juin 2018

Il n’y a pas à dire, cette pochette est superbe. C’est d’ailleurs elle qui a poussé votre serviteur à s’intéresser à Spectral Wound. Le second album de la formation de Montréal est sorti le premier juin de cette année, et risque de plaire à une bonne partie des amateurs de black metal. Et ce pour plusieurs raisons.

Avant d’aller écouter le groupe, votre serviteur a fait ses recherches. Et ce qu’il a trouvé l’a laissé mitigé. Un logo digne d’un groupe de deathcore, un article consacré sur Noisey… Mais d’autres signes se montraient plus encourageant, comme l’appartenance de plusieurs membres de l’entité à Profane Order, horde sauvage perpétuant excellemment la noble et subtile tradition du war black metal. Du bon, et du moins bon donc.

Infernal Decadence commence in medias res par un hurlement lo-fi talonné de près par une grosse mélodie blastée. Brève accalmie, puis riff extrêmement accrocheur juste derrière sur des hurlements convaincants. Pas le temps d’en perdre, « Black Satanic Glamour » déboule à toute allure elle aussi, et sort des mélodies exceptionnelles. Et quand votre serviteur dit exceptionnelle, c’est exceptionnelle ! Werewolf, ton nom a été appelé ici-bas. Cette piste entière repose sur des mélodies qui à chaque note font penser à Satanic Warmaster. Et d’ailleurs, plus largement, les trente minutes de l’album sont imprégnées jusqu’à l’os de de la patte finlandaise. Cette fameuse patte finlandaise qui repose sur la dualité entre une approche très frontale et primaire du black metal que contrastent magnifiquement des mélodies ensorcelantes entre peine déchirante et force vigoureuse.

Alors voilà. Infernal Decadence, c’est un gros mélange de Sargeist et de Satanic Warmaster. Avec quelques apports de la fameuse troisième vague de black metal dont on parle tant. Certaines mélodies feraient penser à Uada d’ailleurs… Comme quoi, tout est lié. Mais ce n’est pas tout ! Spectral Wound a un gros côté post black. Le post black qui se planque derrière des atours de true black. La production est très adaptée, puissante, faussement sale et raw. On sent fort bien qu’il s’agit d’une simulation de production massacrée comme on en connait tant dans le black metal. Même dans les mélodies, quelque chose de post-black apparaît souvent, comme ce passage au milieu de « Slaughter of Medusa » qui sonne très moderne, presque Amenra en fait. La phase suivant retourne faire un tour en Carélie pour dire bonjour à Werewolf, mais n’empêche. Spectral Wound est avant tout un enfant de la modernité qui se tourne vers le passé un peu comme il choisirait un concept. En cela, et même si la musique est de très grande qualité, le groupe est un rien opportuniste. Comme si les musiciens de Deafheaven essayaient de se mettre au corpse paint.

Malgré son concept bien léché et un rien calculé donc, Spectral Wound a le très grand mérite de livrer une album court, vraiment bien composé, et sacrément convaincant. Pas de moment faible à signaler. Tous se tient parfaitement du début à la fin, cimenté de mélodies imparables qui sentent les caves finnoises à plein nez. En soi, il s’agit d’une belle réussite. Du black metal conceptualisé mais sincère. Joli paradoxe. Étonnant d’ailleurs de voir cette démarche mise en œuvre par des musiciens venus de la scène war black… Décidément, Spectral Wound est intrigant.

Fin des tergiversions, Spectral Wound marque son point sans se fatiguer. Une demi-heure de black metal rapide et mélodique, convaincant à défaut d’être sûr qu’il est vraiment convaincu de lui-même. Infernal Decadence est un excellent album. Il s’écoute sans faim, et regorge de mélodies dantesques qui vous feront lever le point ou crisper les doigts devant le visage.

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