Darkened Nocturn Slaughercult – Mardom

écrit par Dantefever
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Pays : Allemagne/Pologne
Genre : Black Metal
Label : War Anthems Records
Date de sortie : 12 Avril 2019

Peu de groupes m’inspirent autant de respect que Darkened Nocturn Slaughtercult. La horde mi-teutonne mi-polonaise sévit depuis 1999 sans jamais avoir changé son credo d’un seul verset. Si vous cherchez la définition la plus exacte et la plus essentielle du black metal, elle se trouve ici. Mardom sortait ce 12 avril, et représente un nouveau psaume dans le missel macabre du culte de mort.

Avant la sortie de l’album entier, votre serviteur avait passé des semaines à écouter en boucle le titre « Mardom – Echo Zmory », révélé en avance. Quel massacre, mais nom de Dieu quel massacre… Dès l’ouverture, énorme décharge de violence et de noirceur. Le son de guitare parfait, meilleur que sur le prédécesseur Necrovision, plus sale et plus cru. Le blast de martyr d’entrée de jeu, les riffs démoniaques si typiques de l’entité… Et la voix de damnée d’Onielar qui vocifère comme personne ne sait la faire. Rien que dans cette piste, il y a de quoi devenir fou. Tout est parfait, pas une seconde n’est de trop. Le riff principal, les passages plus rampants et malsains, et les accords thrashisants maléfiques et dissonants en fin de piste… Le culte. On se rappelle en une seconde pourquoi on aime tant Darkened Nocturn Slaughtercult. L’intégrité totale, la violence impitoyable et les ténèbres occultes.

Enchaînement direct de cette première piste avec « A Sweven Most Devout » qui démarre sur un riffing heavy/thrash rapide, noirci et envolé, très entraînant, avec Onielar qui donne de la voix avec furie. On remarque le jeu de batterie très varié et puissant, qui fait bien sûr la part belle aux blasts de possédés mais aime bien aussi aller chercher dans des choses plus subtiles qui rappellent, on se répète, la scène thrash de l’ancien temps. Je dis « on remarque », mais il faut une sacrée paire d’écoutes pour remarquer ça sans l’avoir entendu dire ou lu avant. Les pistes sont tellement exceptionnelles qu’on ne remarque rien du tout, on se contente de se sentir devenir fanatique à chaque mesure et on oublie tout le reste. Un peu à la manière d’Archgoat, Darkened Nocturn Slaughtercult fait exactement ce qu’il sait faire, mais écrase absolument tout le monde dans son domaine. Je vais même oser dire que la voix d’Onielar ne m’a jamais semblé aussi terrifiante. On sent que ses hurlements descendent plus loin qu’avant dans sa gorge impie pour en tirer ses blasphèmes.

La croisade continue sans trêve, et on finit par vraiment sentir cet esprit heavy/thrash qui plane sur l’ensemble du disque. Les riffs sont plus complexes mais toujours aussi accrocheurs, si ce n’est plus. Votre serviteur oserait même parler d’une petite influence mélodique qui se rapprocherait un peu de Dissection par moments… La différence principale, c’est que Dissection a toujours sonné assez lumineux à mes oreilles de fan, rarement réellement sombre, quand Darkened Nocturn Slaughtercult est les ténèbres incarnées. Écoutez attentivement « T.O.W.D.A.T.H.A.B.T.E. », peut-être ressentirez-vous ce dont je parle. Mention spéciale pour le riff thrash bien aiguisé vers la fin.

Autre tuerie notoire, « Exaudi Domine », avec ses riffs frénétiques et son refrain sur deux mots répétés. À l’image de l’album entier, la piste est ambiancée, énergique, enlevée… On ressent presque une forme d’enthousiasme diabolique, une exultation du mal que seul Darkened Nocturn Slaughtercult arrive à susciter d’aussi puissante manière. Puis, après un « The Boudless Beast » qui rappelle beaucoup Hora Nocturna, nous avons droit, Darkened Nocturn Slaughtercult oblige, à une interlude ritualiste aux deux tiers du parcours avec « Wigma ». Et autant je trouve ce genre d’écart assez pauvre dans nombre de productions black metal, autant quand c’est fait par ce groupe, l’excellence est toujours de mise.

Mardom se conclu sur « The Sphere », qui ne marque aucune différence avec ses consœurs. La mélodie principale tourbillonnante a de quoi rendre fou n’importe quel dévot de l’art noir. C’est puissant, inspiré, violent, entraînant, impie… En un mot, superbe. L’album se termine sur ce dernier rituel infernal. Darkened Nocturn Slaughtercult a, une fois de plus, démontré sa supériorité totale sur le monde du black metal intègre, cru et possédé. Pas une once de manque d’inspiration, rien de dispensable, que des mélodie possédées et des hurlements mortuaires. Mardom est un chef d’œuvre d’art noir, qui vient s’ajouter aux précédents monuments d’une entité qui plane au-dessus des autres, sous l’ombre du Maître.

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Kriss 17 mai 2019 - 11 h 16 min

Hail,
Je me le suis procuré hier et étant fan, je pensais avoir une suite logique à NECROVISION qui m’avait vraiment botté dès la première écoute, mais sans être déçu, je pense que cet album doit être décortiqué et écouté attentivement, car moins accessible. Je m’explique: bien sur il y a des blasts infernaux, une voix d’outre tombe et de sorcière maléfique, des riffs recherchés et entrainants, mais c’est surtout l’ambiance générale qui met mal à l’aise, ce qui est, j’en suis persuadé, La Marque D’un Grand et Cultissime Album! Mais dans mon cas, il me faudra encore plusieurs écoutes attentives pour l’appré à sa juste valeur!

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