Peste Noire – Split

écrit par Maxime
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Mine de rien, il s’est fait attendre ce septième album longue durée de Peste Noire. Il faut dire que le groupe français avait frappé très fort trois ans plus tôt avec La Chaise-Dyable, véritable hymne de black metal rural. Famine avait annoncé vouloir expérimenter un peu avec ce nouvel album, et l’artiste français n’a pas fait dans la demi-mesure. Constitué d’une partie classique et d’une partie « dégénérée« , cet album dit split ne surprend cependant pas vraiment les amateurs de Peste Noire. Adepte des compositions sortant des carcans propres au black metal, le groupe a à nouveau voulu servir à ses ouailles quelque chose de différent. Avec plus ou moins de réussite.

Un nouvel album de Peste Noire, ça a toujours une saveur particulière, surtout à mesure que le groupe devient sur-médiatisé sur le net et ailleurs. Le groupe français se sait toujours plus attendu musicalement, ce qui ne semble pas l’émouvoir pour un sou, à raison sans doute. Car si Peste Noire est habitué à ces sorties qui laissent pour le moins perplexe sur les réseaux sociaux, il n’en demeure pas moins un groupe qui pèse sur la scène française, et hauteur d’albums proprement excellents, selon une partie de son public en tout cas.

Deux titres avaient été dévoilés en marge de la sortie de l’album, en l’occurrence « Aux Armes ! » et « Aristocrasse », qui prouvait définitivement le virage plutôt acerbe pris par Peste Noire, et c’est d’ailleurs avec le premier nommé que démarre l’album. Paroles agressives, rythmique simple et abrasive, pas de doute, le parti pris est celui de déverser une haine viscérale sur tout le monde, et tant pis pour les dommages collatéraux. Musicalement, Peste Noire a pu nous habituer à mieux par le passé, mais la partie centrale du titre, très galvanisante, est très agréable à l’oreille. Une entrée en matière réussie.

Vient ensuite « Interlude », qui recycle étonnamment l’un des couplets du titre « Le Diable Existe » de l’album précédent, mais la recette marche. Cette première partie de l’album, à savoir la partie que l’on qualifiera de conventionnelle, est agréable à défaut de réellement toucher l’auditeur, comme le groupe a pu le faire par le passé. On retiendra cependant la deuxième partie de « Songe Viking », tout en chants clairs, qui fait partie des passages les plus touchants de l’album. D’autant que cette légèreté contraste de suite avec le reste de l’album, bien plus spontané et bas-du-front, dans le bon sens du terme. Mais pas que.

Place désormais à la partie dégénérée de l’album, et quelle n’est pas la surprise de l’auditeur dès le début de « Noire Peste », avec ni plus ni moins que l’enregistrement audio du reportage que France 3 avait consacré à un possible concert du groupe, qui avait créé une pseudo-polémique. Taquin. Et c’est ainsi qu’est introduite la partie de l’album qui se veut plus rentre dedans, presque abâtardie. Les différents titres dégagent tous, chacun à leur manière, une espèce de mal-être difficilement identifiable, comme si l’auditeur était assailli de toute part par un mal inconnu.

La musique de Peste Noire se veut ici bien plus acide, et certains choix techniques viennent confirmer les envies d’ailleurs du groupe et sortent l’auditeur de sa zone de confort, à l’image des rythmiques trap de « Des Médecins Malades et des Saints Séquestrés », de « Aristocrasse » et de « Domine ». Les paroles sont toujours aussi aigres que la pochette de l’album, notamment sur le très attendu « Turbofascisme », bien que le titre en lui-même ne se distingue pas vraiment avec autre chose que son nom. On apprécie beaucoup plus l’hostilité complètement déraisonnée de « Aristocrasse », ce qui peut éventuellement amener à penser que les deux titres dévoilés en amont de la sortie de l’album étaient les deux meilleurs.

Oui mais non, en queue de peloton, il y a « Domine ». Habituellement, les titres de fin d’album sont surtout là pour clore un chapitre de manière à peu près convenable. Et pourtant, sur cet album, Peste Noire a pris le parti de tout fermer à l’aide d’un titre à la fois personnel et douloureux. Pendant cinq minutes, Famine déverse un mal-être enfoui depuis fort longtemps sur fond de musique orchestrale grandiloquente et de rythmique trap. Et la recette marche, elle marche très bien même. On ne peut s’empêcher d’écouter le titre encore et encore, avec et sans ses paroles troublantes, pour ressentir au mieux de quoi il est question et pour essayer de lire entre les lignes. Vraiment très prenant.

Plus inégal que ce à quoi Peste Noire a pu nous habituer par le passé, mais porteur de petites pépites malgré tout, ce septième album offre indubitablement de quoi faire. Un peu moins évocateur que La Chaise-Dyable mais encore plus agressif, il conviendra à certains tout comme il en décevra d’autres, un peu à l’image du groupe en somme. Cet album split ne restera sans doute pas dans les mémoires de tout le monde, mais il a au moins le mérite de proposer deux ou trois titres vraiment réussis.

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