Griffon / Darkenhöld – Atra Musica

écrit par Maxime
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Pays : France
Genre : Black Metal
Label : Les Acteurs de l’Ombre Productions
Date de sortie : 31 Mai 2019

Cela fait un moment que sa sortie nous a été annoncée et qu’une certaine hype a savamment été entretenue par les différents acteurs du projet. Le split qui résulte de la collaboration entre Griffon et Darkenhöld, deux groupes français d’importance, va voir le jour d’ici une dizaine de jours chez Les Acteurs de l’Ombre. Ce qui s’apparente (sur le papier du moins) à un album de poids pour la scène black metal française est très attendu, et les deux groupes en présence semblent travailler la chose depuis peut-être deux ans, date de sortie de l’album Memoria Sylvanum, de Darkenhöld. À ce titre, a-t-on entre le mains le résultat d’un travail de qualité ?

Deux titres d’Atra Musica sont disponibles depuis déjà un petit moment, respectivement “Si Rome Vient à Périr” pour Griffon et “Citadelle d’Obsidienne” pour Darkenhöld. En ce concerne ce dernier, le titre en question a justement donné une sérieuse indication sur la teneur du split, à savoir l’utilisation exclusive d’instruments acoustiques. Les membres de Darkenhöld avaient déjà parlé de ce projet, le voici concrétisé. Mais nous y reviendront un peu plus tard, après avoir griffonné quelques mots à propos de Griffon. Piètre jeu de mots que voici.

C’est donc effectivement le groupe francilien qui ouvre les débats à l’aide de “Si Rome Vient à Périr”, le titre révélé en amont de la sortie du split, et pour être honnête sa qualité m’a poussé à l’écouter un bon nombre de fois depuis qu’il est disponible. Difficile de ne pas succomber à sa rapide et solide montée en puissance, à ses riffs, et aux chants déchirés d’Aharon. On pouvait difficilement espérer une entrée en matière plus réussie. Neuf minutes de pur bonheur riche, en plus de ce qui a été énuméré précédemment, de mélodies de fond au clavecin vers la fin du titre. Un titre de black metal contenant du clavecin ne peut qu’être bon.

La suite des hostilités confirme la très bonne impression laissée par le titre introductif, et Griffon continue de développer quelque chose d’assez dévastateur sur “Souviens-toi, Karbala”. Les musiciens semblent avoir pris le parti de travailler sur quelque chose de très énergique, malgré quelques ruptures bien senties, et cela fait en sorte que l’on ne s’ennuie jamais à l’écoute des quatre titres que le groupe propose. La partie du split consacrée à la formation francilienne se clôt avec la bien nommée “Interlude”, qui propose trois minutes de clavecin de toute beauté, et qui assure une transition cohérente avec ce qui va suivre, à savoir les quatre titres composés par Darkenhöld.

Un peu à la manière de Grylle, faute de comparaison plus pertinente, Darkenhöld propose à ses ouailles une espèce de black metal revisité à la sauce acoustique. Au programme, tremolos à la guitare sèche, chants clairs et éraillés, percussions en fond, voire utilisation d’instruments traditionnels. En étant parfaitement honnête, l’ensemble est très bon et très cohérent, mais dans le cadre du split, en compagnie donc de quatre (ou en tout cas trois) titres de black metal en bonne et due forme, le bât blesse.

Il convient de replacer les choses dans leur contexte. Le propre d’un split est de proposer des titres de deux groupes ou plus, et de dégager une certaine idée directrice, des idées en commun. Les thématiques des deux groupes en présence ne sont pas follement différentes, mais lorsque l’on passe du black metal plutôt énergique de Griffon au style acoustique de Darkenhöld, on ne peut s’empêcher de ressentir une certaine frustration, d’autant que les titres acoustiques sont situés en queue de tracklist, soit après les titres black metal. L’intensité baisse et cela se ressent assez nettement.

Encore une fois, rien à redire sur la qualité des titres servis. “Le Sanctuaire de la Vouivre” et “Citadelle d’Obsidienne” sont d’excellents titres que vous écouterez encore et encore en remuant machinalement la tête. Simplement, peut-être que certains d’entre vous auront le réflexe d’écouter les deux parties du split comme s’il s’agissait de deux sorties différentes, justement parce que l’on a du mal à assimiler la relative proximité qui existe entre les titres de Darkenhöld et ceux de Griffon. Bien évidemment, chacun aura une vision différente de la chose, et celle-ci est de toute façon loin d’être rédhibitoire, mais elle est flagrante et pourra en déranger certains.

En revanche, si l’on s’attache uniquement à la qualité des quatres titres de Darkenhöld, rien à redire. L’ensemble est très rythmé et propose des mélodies de qualité, avec un bon équilibre entre chants clairs ou parlés et chants éraillés. Si d’aventure le groupe voulait un jour sortir un album longue durée dans le même registre, on signerait des deux mains. Un peu dommage, du coup, que le manque de complémentarité des titres des deux groupes ne permette pas d’apprécier le split à sa juste valeur. Un poil décevant donc, mais le split fait tout de même office de sortie de poids.

Sur le papier, Atra Musica donnait l’eau à la bouche, et à l’arrivée, malgré une complémentarité qui peut laisser perplexe, Griffon et Darkenhöld ont réussi à mettre leurs forces en commun pour mettre au monde un album qui rend compte du talent de la scène black metal française. Pris individuellement, les deux groupes ont signé d’excellents titres, même si encore une fois, le format split aspire généralement à une meilleure osmose entre les ambiances des différents protagonistes.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_empty_space][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_video link= »https://www.youtube.com/watch?v=d3lXnjZ1fQQ » align= »center »][/vc_column][/vc_row]

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