Chrysanthèmes des Adieux – Vomir ce qui m’a été imposé […]

écrit par Maxime
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Pays : France
Genre : DSBM / Post Black
Label : France d’Oïl Productions
Date de sortie : 20 Décembre 2017

Vomir ce qui m’a été imposé, tendre vers ce qui m’est inaccessible. Tel est le nom diablement long mais évocateur de la deuxième sortie du projet français Chrysanthèmes des Adieux, sorti fin 2017. Dans un style ostensiblement émotionnel et torturé, l’album relate les événements très personnels vécus par son auteur au cours d’une vie (visiblement) très mouvementée. Vomir ce qui m’a été imposé […] offre assurément à boire et à manger aux auditeurs suffisamment réceptif pour se laisser porter par le style de Chrysanthèmes des Adieux, mais l’album se montre-t-il convaincant sur la durée ?

Justement, la durée. Parlons-en, puisqu’il s’agit de quelque chose qu’on ne peut réellement ignorer quant à l’album dont il est question. Ce dernier dure deux heures, ni plus ni moins que deux bonnes heures de DSBM lancinant et d’interludes vaguement post-black. Par son style, l’album force pour ainsi dire l’auditeur à adopter une écoute passive, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, puisque pour se farcir l’album en une fois tout en restant attentif, il faut s’accrocher. C’est malheureusement le lot des albums (trop ?) long, l’expérience qu’ils sont susceptibles d’offrir est un peu biaisée par leur longueur. Longueur que l’on retrouve également dans le nom des titres de l’album en question. Pour ce dernier paramètre, un coup de rabot n’aurait sans doute pas fait de mal.

Pour ce qui est de la musique, Chrysanthèmes des Adieux propose un album contrasté et assez plaisant pour peu que l’on se montre réceptif à ce genre de musique (ce qui n’est pas le cas de tout le monde). Les tableaux se succèdent au rythme des titres, parfois même au sein d’un même titre, afin de dépeindre de la meilleure manière possible les différentes joyeusetés vécues par l’artiste au cours de sa vie. Une oeuvre déjà très personnelle au premier abord et dont le caractère intime se voit renforcé lorsque l’on jette un oeil aux paroles qui agrémentent chacun des titres. Ces derniers se montrent également tout aussi contrastés que l’album dont ils font partie.

Vomir ce qui m’a été imposé […] est avant toute chose un album de DSBM plutôt lent et plaintif. Le rythme s’accélère plutôt rarement mais toujours avec succès. Les titres sont généralement “divisés” en deux voire trois parties. Une partie acoustique dresse un premier tableau pleurnichard avant qu’une partie plus orientée black metal ne vienne ajouter des saturations et des chants éraillés à l’addition. Sur la grande majorité des titres concernés par ce schéma de composition, et sur l’album de manière, c’est la partie orientée black metal qui se montre la plus convaincante. Un titre symbolise la chose à la perfection, “Hymne au Viol, Complainte des Dissociés”. Ce dernier se montre tout juste correct jusqu’à ce que les guitares viennent hurler une douleur très prenante. L’artiste joue beaucoup avec ce type de contraste tout au long de l’album, la plupart du temps avec réussite.

Il y a cependant des titres (presque) exclusivement acoustiques, notamment dans la deuxième partie de l’album. Bien que réussis et chargés en émotion si on les prend de manière individuelle, il ne parviennent malheureusement pas à se montrer aussi déchirants que les titres porteurs de touches black metal. Il y a notamment le duo composé de “S’endeuiller à la solitude d’un dimanche grisâtre” et de “Le rhum égaie la poisse, berce la perdition”, qui représente à lui seul près d’un quart de l’album en termes de durée et qui pour autant ne porte pas l’auditeur outre mesure, ce dernier étant presque condamné à attendre une apparition des saturations (qui n’arrivent jammais) pour que l’ensemble se montre plus tranchant. À titre de comparaison, l’album se clôt sur “Automne”, titre acoustique de cinq minutes portant sur un poème d’Edward Stachura, qui se montre bien plus touchant et efficace que les autres titres acoustiques de l’album. Le dosage, ça fait tout.

Il faut s’accrocher pour écouter cet album de manière attentive dans son entièreté. D’un point de vue technique, surtout, mais aussi émotionnel. Chrysanthèmes des Adieux a livré un album très intéressant sur certains points, moins pertinent sur d’autres. Il convient alors de l’explorer dans ses moindre recoins afin de pouvoir en déceler tous les secrets. Mais à nouveau, comme il en va de même pour les autres albums du genre, il convient d’avoir un état d’esprit propice à ce genre de musique pour apprécier Vomir ce qui m’a été imposé, tendre vers ce qui m’est inaccessible à sa juste valeur.

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