Bovary – Sur ce Mur trop Souillé

écrit par Maxime
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Pays : France
Genre : Black Metal
Label : Nar Productions
Date de sortie : 15 Octobre 2019

Une bonne année et demi après la sortie de Mes Racines dans le Désert, la formation français Bovary rempile avec une deuxième démo, intitulée Sur ce Mur trop Souillé. Le groupe se présente avec un line-up quelque peu modifié, qu’il a d’ailleurs eu l’occasion d’expérimenter sur scène ces derniers mois. Bovary avait montré quelques dispositions intéressantes, notamment dans l’écriture de certains riffs, et nul doute que l’aura notable qui s’est développée autour du groupe rend cette deuxième démo autrement plus attendue que la première. Le groupe a fait parler de lui et a joué un certain nombre de fois sur scène au cours de l’année, mais il conserve cependant son étiquette de petit groupe. Cette deuxième sortie va-t-elle le faire basculer dans une autre dimension ?

D’un point de vue graphique, Bovary a conservé une esthétique black metal un brin lissé, tout en sobriété. On constate néanmoins que la pochette de Sur ce Mur trop Souillé se montre plus soignée que celle de son prédécesseur, qui était bien trop générique. La démo est introduite par un titre un peu longuet sur lequel sont tissés des chants aux allures de complaintes. Pas forcément désagréable, mais ces chants ont tendance à se multiplier et à durer, ce qui altère inévitablement leur effet. Vient ensuite le black metal à proprement parler avec “Nous sommes…”, qui met dans le bain sans autre transition que les chants parlés du titre précédent. Une première impression fait son apparition, celle qui semble indiquer que Bovary cherche à évoluer dans un registre plus torturé que par le passé.

Cette impression se veut tenace au fil de l’album, et est même renforcée par la teneur des paroles, qui jouissent d’ailleurs d’une certaine qualité d’écriture, chose rarement soulignée au moment de l’analyse d’un album quelconque. On est ici à mi-chemin entre le débauché et le tourmenté, et le fait d’avoir l’objet physique entre les mains permet de suivre lesdites paroles au rythme des titres, ce qui permet d’apprécier cette démo sous un angle bien différent et très intéressant. Cet aspect est d’autant plus satisfaisant si l’on considère que les chants éraillés d’Ondine sont eux aussi suffisamment torturés pour sublimer le tout, mais ils se montrent parfois trop forcés ou pas assez maîtrisés.

La différence que l’on peut souligner entre “Nous sommes…” et “Arsenic” est par exemple assez significative, et ces chants gagneraient sans doute à être encore plus déshumanisés. L’adepte de Bovary aura également la bonne surprise de voir la présence de “Ta vie c’est mes chiottes” dans la tracklist, dans une nouvelle version cependant. On peut y voir du recyclage, je préfère y voir la réutilisation du meilleur titre de la première démo, ses riffs étant cafardeux au possible et donc très efficaces. Place ensuite à l’étonnant “La Lumière t’évince” et à ses inattendus relents post-black. La chose surprend après la fange du titre précédent, mais après plusieurs écoutes il s’agit probablement de l’un des meilleurs titres de la démo, qui parvient à toucher avec la manière, bien qu’il jure techniquement quelque peu avec les autres titres.

“Je ne serai plus là pour t’attendre” appartient au même registre et entretient cette dynamique plus mélancolique que colérique, ce qui offre un contraste très intéressant vis-à-vis des titres foncièrement vaseux et abrasifs. Sur ce Mur trop Souillé se termine finalement sur “… Bovary”, qui, par son titre, fait directement suite à “Nous sommes…”, bien que la parenté purement musicale ne saute pas aux yeux. Celui-ci est un peu à l’image du titre éponyme, son intérêt étant avant tout celui de servir de conclusion à l’album, et ainsi s’achève l’écoute plutôt agréable de cette deuxième démo.

Quelques futilités sont à déplorer, mais Bovary a globalement réussi à passer à la vitesse supérieure avec cette deuxième démo. La qualité individuelle de chaque titre est à souligner, si bien que je n’en vois aucun (sans compter le titre de tête et celui de queue, dont la fonction est différente) réellement superflu ou en dessous des autres. Une poignée de riffs est toujours là pour alimenter le potentiel efficacité du groupe, et n’importe quelle auditeur qui aura la curiosité d’aller jeter un œil aux paroles découvrira une nouvelle facette de Bovary. Une bonne surprise.

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