Borgne – Y

écrit par M.
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Pays : Suisse
Genre : Black Metal Industriel
Label : Les Acteurs de l’Ombre Productions
Date de sortie : 6 Mars 2020

Cette année opère un changement majeur pour Borgne, qui revient avec un nouvel album dans une nouvelle écurie. Après le très remarqué Règne des Morts paru en 2015, les Helvètes ont donc rejoint Les Acteurs de l’Ombre et sortent dans la foulée Y. Cet album est l’occasion pour le groupe de lui donner une reconnaissance internationale. On connaissait le groupe dans un registre plutôt estampillé black metal industriel, les voilà donc à continuer allègrement dans cette lancée.

Le premier morceau “As Far as My Eyes Can See” est déjà prometteur, avec un aspect martial très prononcé entretenu par une voix caverneuse, pure expression d’un spectre ravageur communiquant son hostilité à l’humanité. Des boucles électroniques s’enchaînent, suivies d’une boîte à rythme épileptique, le tout ponctué de riffs hallucinés qui nous plongent peu à peu dans un malaise bien palpable et une démesure complètement inhumaine. Car oui, Borgne alterne toujours des moments éthérés et une sauvagerie décuplée, il n’y a pas d’entre-deux.

Il y a tout de même une grande place laissée aux claviers dans Y, comme en témoigne “Je deviens mon propre abysse”, premier single sorti à ce jour, preuve que Borgne ne renie pas sa propre lignée musicale. Il faut dire que le black metal industriel est un peu absent du paysage musical hexagonal ces derniers temps, l’album Y de Borgne vient donc à point nommé raviver cette flamme martiale. Ce qui frappe dans Y, c’est la froideur chirurgicale, l’obsession pour l’industriel malsain, la déshumanisation assumée. Les morts chuchotent des paroles désagréables et prophétiques, présageant le pire. Mention spéciale pour “Qui serais-je si je ne le tentais pas ?”, titre particulièrement torturé, agrémenté de nappes de claviers qui rappellera certainement les belles heures du black metal de la seconde vague. Furieux et symphonique comme les débuts d’Emperor. 

La piste instrumentale “Paracelsium” rappelle aisément le Grand Declaration of War de Mayhem, album qui a fait couler beaucoup d’encre à sa sortie, n’en déplaise aux puristes, plus électronique et expérimentale que jamais. Borgne joue cette fois dans la cour des grands, en côtoyant un panthéon de groupes prestigieux tel que Blut Aus Nord ou Deathspell Omega, repoussant ainsi les limites du black metal traditionnel. Certes, le groupe n’exploite pas son côté industriel comme Blacklodge, il préfère rester à la lisière des genres, preuve que l’on peut forger sa propre identité sur une dualité constante.

Enfin, les paroles dans Y sont bien écrites, élaborées et porteuses de sens. Borgne ce n’est pas seulement une musique, c’est aussi un univers travaillé, avec des mots forts qui résonnent, qui donnent une légitimité à l’abîme. Privilégiant surtout la langue de Molière contrairement aux précédents opus, les paroles résument ce qui attend les cadavres ambulants, prêts à tout pour réussir leur passage dans l’au-delà. 

Cet album est une bonne surprise, à la fois pour Borgne, qui confirme son empreinte musicale malsaine et décadente, mais aussi pour LADLO, qui n’en finit plus de signer des groupes à l’identité forte et assumée. Y est la consécration du parcours d’un groupe qui aura su se frayer un chemin dans les méandres du metal extrême, il permet à Borgne de se hisser définitivement sur le devant de la scène black metal francophone actuelle.

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