Regarde les Hommes Tomber – Ascension

écrit par M.
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Pays : France
Genre : Black Metal
Label : Season of Mist
Date de sortie : 28 Février 2020

En ces temps de pandémie, on avait bien besoin d’une bande-son prophétique, idéale pour voir se dérouler l’Apocalypse sous nos yeux. Qui plus est avec un groupe au nom parfaitement trouvé pour l’occasion, qui stipule au dos de son livret “Headphones, Candles and Darkness highly recommended”. 2020 marque donc le retour de Regarde les Hommes Tomber, qui a su bénéficier d’une hype sans précédent ces dernières années et pour cause. Il se distingue par une identité visuelle très marquée et un univers musical qui l’est tout autant. Cinq ans après Exile, les membres reviennent cette année avec Ascension sur un nouveau label, et pas des moindres, en l’occurrence Season of Mist, et un artwork élégant signé Førtifem. Au final, le bruit autour de cet album est-il justifié ?

Le premier constat est sans appel. Les riffs sont plus incisifs, torturés, la machine se remet progressivement en route, le chant fait figure d’incantations aux services des ténèbres. Un virage plus haineux et dans le même temps plaintif, une ambiance qui met du temps à se développer, l’urgence des premiers opus a laissé place à une hargne parfaitement assumée. Quoiqu’il en soit, le groupe n’a rien perdu de sa ferveur. “A New Order” marque dès le début un retour au source salutaire et rassurant, on retrouve bien cette patte si caractéristique de post black pur jus, hypnotique à souhait, emmené par une voix furieuse, complètement possédée. Je ne dirais pas que c’est le morceau le plus marquant de l’album mais il est garant de l’identité du groupe, monolithique et hypnotisant.

En revanche, les morceaux les plus emblématiques sont incontestablement “The Renegade Son” et “Stellar Cross”, l’un étant un condensé de riffs entêtants emmenés par un tempo supersonique, l’autre volontiers un long déroulement plus incantatoire. “Stellar Cross” est lancinant et mélancolique, il s’apprécie, se découvre au fil des écoutes, avec un final chaotique des plus réussis. Il marque une rupture de ton plus que bienvenue. Son chant tour à tour plaintif et hanté en fond en fait définitivement un morceau à l’allure distinguée et entretenue par des tremolo pickings, on pense volontiers au Urfaust des derniers albums. On regrettera par ailleurs que “Stellar Cross” n’ait pas été choisi pour clôturer Ascension ce qui aurait eu le mérite de finir cet album sur une touche magistrale. Car oui, Ascension a cette capacité de rendre la chute des hommes magnifique, le déluge gracieux et la fin des temps tout aussi romantique. On peut dire que le concept fait mouche, les textes aux relents bibliques nous emporte vers des temps immémoriaux, paroles soignées à l’appui. Après tout, quoi de mieux qu’une thématique pareille pour insister sur la chute, la décadence et le péché des hommes en proie à un Dieu vengeur ?

Mais la comparaison s’arrête là, car Ascension ne tient pas non plus du chef-d’œuvre que certains se plaisent à qualifier. Non, cet album n’est pas parfait. En effet, c’est avec une certaine déception qu’on peut lui reprocher de rester trop homogène, la monotonie guette la seconde moitié de l’album. Il manque très clairement d’un morceau phare pour marquer les esprits, à l’instar de “The Incandescent March” sur Exile, ce clou du spectacle qui permit au précédent opus de finir en beauté de façon absolument dantesque, même si “Stellar Cross” essaie d’en reproduire le même résultat. Malheureusement, on en attendait un peu plus pour un album qui a mis tout de même cinq années à voir le jour.

Certes, Ascension ne dégage pas la grandeur et la décadence d’un Exile mais il reste à mon sens un bon album de post black metal. Il s’apprécie instantanément. Accessible sans jamais être simpliste, on y retrouve tous les éléments qui ont fait le succès du groupe, même si on peut regretter une réelle absence de prise de risque. Une pointe de déception vite oubliée par le fait que cet album est travaillé, exigeant, au concept imparable, et qui plaira surtout aux plus sceptiques en termes de post black metal. Chez Regarde les Hommes Tomber, la chute de nos semblables est inéluctable, et pourtant, on en redemande.

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