The True Werwolf – Devil Crisis

écrit par Dantefever
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Pays : Finlande
Genre : Black Metal
Label : Werewolf Records
Date de sortie : 28 Février 2020

Il aura fallu du temps pour que The True Werwolf devienne autre chose qu’un énième obscure projet annexe de l’hyperactif Tyrant Werwolf. Presque vingt ans, en fait. Et d’un coup, voilà que l’ex-Horna, taulier de l’entité culte Satanic Warmaster, envoie le premier album du projet de but en blanc en début 2020 sur son propre label. De quoi intriguer, donc, surtout au vu de l’activité du finlandais qui consiste majoritairement à prouver être un détestable être humain en même temps qu’un musicien d’exception et un dénicheur de talent hors pair.

Faisons court. Faisons simple. Devil Crisis est une gigantesque tuerie. Un agglomérat infini de riffs et de mélodies folles, joyeuses, décomplexées dans leur exultation et jouissives au sens premier du terme. C’est bien simple, c’est presque du feel-good black metal. Il n’y a pas une seule touche de noirceur ici. On a des chauve-souris, des ténèbres gothiques de jeux vidéo, de l’atmosphère épique par cargaisons et de l’aventure grandiose à chaque recoin de riff, mais pas une once de véritable obscurité. Sans exagération aucune, l’album se fait régulièrement dansant.

Bon, évacuons tout de suite le seul bémol. Les deux premières pistes sont sympathiques, sans plus.  La première met dans l’ambiance de la sortie, mais atténue encore l’effet explosif qui caractérisera tout le reste de l’album passé ce premier quart. La seconde est plus longue, plus hypnotique, plus warmasterienne. On l’écoute gentiment, sans se laisser décourager, surtout quand on sait ce qui déboule juste derrière. Parole, ça vaut le coup de se manger patiemment les longueurs fatigantes de « Thy Deviant ».

Et pourquoi cela vaut-il le coup ? Parce qu’après les dernières mesures de cette deuxième piste, c’est « Spellbound ». Sample féminin, puis gros riff à la finlandaise qui débarque d’un coup. Werwolf braille avec sa voix si reconnaissable, et d’un coup, c’est une mélodie parfaite qui tombe, comme ça, sans prévenir. Et le meilleur dans tout ça, c’est que plus les réécoutes s’enchaînent, plus la piste monte en puissance et en jouissance. On se régale, vous dis-je. On s’en met partout tellement c’est bon. Et ce n’est que le début, bon sang !

Milieu d’album, le doublé parfait. La duo qui fait sauter tous les verrous de la pudeur pour vous obliger à aller prendre d’assaut votre mairie avec une épée en plastique tant la charge épique est impérieuse. Pas de confinement qui tienne, on ne reste pas chez soi quand on a une légende à vivre à la première personne ! « Chi No Namida » commence sur un sample qui traîne un peu, et puis… On ne sait que dire. Allez donc trouver une seule personne au monde capable de résister à une telle mélodie. Werwolf n’a plus aucune retenue. Ici, c’est Skyrim, Castlevania, Baldur’s Gate, ce que vous voulez, mais c’est l’héroïsme, le combat glorieux, l’explosion de joie tirée de l’enfance. Une énergie à défriser un troupeau de mouton entier. La première mélodie qui débarque à fond ne connaît aucun opposant sérieux tant elle ébouriffe et conquiert. Puis les couplets, avec ces allusions claires et nettes aux dessins animés de notre enfance parés de génériques d’anthologie. On chante et on danse, bon sang ! Quel plaisir, mais quel immense plaisir sur ce black metal-là… Passez-moi l’expression, mais ce n’est rien d’autre qu’un immense pied de gamin ravi qui s’impose ici. On sourit à pleines dents. Le bonheur sous forme de blast-beats, trémolo-picking et claviers orguisants grandiloquents.

Et ce n’est pas tout ! Juste après le déluge mélodique, on débarque sur ce qui est littéralement un tube intersidéral. Au sens propre. « 0373 » est un banger, comme on dit. Le premier riff arrive tout droit d’une série de science fiction étincelante style Flash Gordon, assortie de la classe et de l’élégance d’un Albator. Vaisseaux spatiaux, batailles en orbite, lasers fluos, extraterrestres belliqueux… C’est la fête au geek, rien d’autre. Votre serviteur a tendance à être relativement sévère en ce qui concerne le black metal. Si vous vous amusez à le lire un petit peu, vous savez qu’il prend la chose au sérieux, qu’il aime sortir des articles vaguement réfléchis sur le sujet… Mais là, pardon, mais tout ça va balader très loin le temps de « 0373 ». Tout ce qui compte durant ces quelques minutes, c’est ce qui se passe derrière la baie vitrée de votre barge de bataille.

Après un tel enchaînement, il fallait bien revenir un peu au calme. « The Witch of My Heart » reste dans la cavalcade mélodique, mais retourne sur des thématiques un peu plus passéistes, toujours avec cette capacité à faire gigoter la viande. Et on finit avec une petite gâterie, un court morceau black thrash rock’n’rollisant à la Bathory/Sodom trempé dans le Motörhead bouillant. De quoi terminer son écoute en beauté.

Vous l’aurez compris, Devil Crisis m’a énormément plu. Je l’écoute à n’en plus finir. Tout fait du bien dans cet album. La production chaude et lisible, confortable et parfaitement adaptée, la légèreté, l’entrain, la grosse déclaration d’amour aux univers nerd… Et ces mélodies, ces bon sang de Dieu de mélodies qui n’en finissent jamais. L’album n’est rien d’autre qu’une collection d’airs qui vous resteront en tête pendant des jours. Un seul mobile ici, le simple plaisir d’écoute. Passé les deux premières pistes un peu dispensables, c’est un sans-faute. Déridez-vous un peu, allez écouter cet album, commandez-le, et faites-vous du bien.

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