Absurd – Blutgericht

écrit par Maxime
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Pays : Allemagne
Genre : NSBM
Label : Nebelfee Klangwerke
Date de sortie : 5 Avril 2005

Véritable fer de lance du national socialist black metal, Absurd est un groupe qui a marqué le genre de son empreinte. Outre les polémiques souvent inhérentes aux groupes qui partagent la même mouvance, la formation allemande a surtout laissé derrière elle un certain nombre de sorties efficaces au possible, et qui font aujourd’hui office de classiques du genre. En 2005, deux ans après la sortie du très apprécié Totenlieder, le groupe dévoile Blutgericht, une formidable synthèse de ce qu’Absurd sait faire de mieux, tancer vertement son monde à l’aide de petites ritournelles très colériques et dansantes. En somme, ce que le national socialist black metal peut produire de plus intéressant musicalement.

Lorsque l’on pense à Absurd (encore une fois, outre les polémiques), il est fréquent que l’on ait d’abord en tête les monuments que sont Totenlieder et Werwolfthron, et ce à très juste titre. Entre titres ravageurs et passages jouissifs évoquant lourdement la vieille Europe, ces deux albums sont et resteront sans doute les deux meilleurs de la riche carrière d’Absurd. Cependant, enfoncer les portes ouvertes ne nous intéresse pas forcément dans le cas présent, ainsi est-il question de Blutgericht, quatrième album longue durée du groupe. C’est à deux ans de la fin de la détention de JFN que Wolf, son frère, et Unhold ont concocté cet authentique cocktail détonnant.

La recette d’Absurd, on commence à la connaître, mais rien à faire, ça marche toujours du tonnerre. Un peu de black metal par ci, un peu de RAC par là, et on fignole le tout en le saupoudrant d’une bonne dose de pagan black. Concernant Blutgericht, il est surtout question des deux premiers ingrédients, l’album devant en grande partie son caractère facile d’accès aux évidentes influences RAC qui lui donnent corps. Quand on y réfléchit bien, les aspects propres au black metal se font très discrets, et se limitent même sans doute aux chants et à quelques tremolo pickings ici et là. Mais alors pour ce qui est du reste, la vigueur et la violence qui se dégagent de la musique suffisent à faire de l’écoute de l’album un moment à part, et ce pour l’intégralité de ses titres.

Voyez plutôt par vous-mêmes. Les deux premiers titres de l’album, en l’occurrence « Gottloses Mordgesindel » et « Heidenwut », cristallisent parfaitement ce qui fait la force de Blutgericht. Les riffs se montrent tantôt lourds et suggestifs, tantôt plus vifs et énergiques, toujours accompagnés d’une batterie qui bat la cadence pour ajouter une rythmique très entraînante. Des passages acoustiques sont également ajoutés à l’ensemble et font ainsi écho à la musique médiévale qui pouvait être entendue sur Werwolfthron. Histoire de rappeler à tout le monde que l’on peut se mouvoir gaiement sur de la musique rapide et agréable sans perdre de vue des considérations traditionalistes plus sérieuses. Avec Absurd, on passe assurément un très bon moment sans perdre de vue le poids idéologique qu’a le groupe, et qui arrive toujours à le faire passer dans sa musique de manière très impressionnante. Qui n’a jamais ressenti une haine grandissante et irrépressible en écoutant « Pesttanz » sur Facta Loquuntur ?

Blutgericht est moins porté sur les pulsions de frénésie, mais ses atours en font un album qui peut tout de même se montrer très véhément. Comme dit plus haut, chaque titre a quelque chose à offrir à un auditeur qui en a déjà eu pour son argent avec les deux ou trois premiers titres. Blutgericht remue sacrément, il offre des moments fédérateurs qui ont peu d’équivalent, et se dote par dessus le marché d’une pochette splendide, œuvre de l’artiste russe Njard. Entre les passages très typés RAC de « Heidenwut », les petites sucreries atmosphériques de « Winterdämon », et de manière générale l’impétuosité propre au groupe que l’on retrouve du début à la fin, l’album a de sérieux et de nombreux arguments à faire valoir.

L’album a eu droit à une réédition en 2018 sous le nom de Das Neue Blutgericht (« le nouveau Blutgericht »), manœuvre appréciée prouvant au passage son crédit auprès des adeptes du groupe. Efficace et accessible de bout en bout, Blutgericht se dévore en seulement quelques bouchées, et à répétition la plupart du temps. Il vient rappeler, si cela était réellement nécessaire, qu’Absurd a donné naissance à une quantité respectable de titres dévastateurs sur ses différentes sorties. Ces dernières années, le groupe semble jongler entre les pauses et les périodes d’activité. Voici donc l’opportunité de se rappeler au bon souvenir de sa période dorée…

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