Animal Man Machine – The Cruelty of Life

écrit par Maxime
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Pays : Grèce
Genre : Ambient Black Metal
Label : Indépendant
Date de sortie : 20 Août 2020

Malgré la qualité indéniable de sa scène nationale en matière de black metal, je me dois d’avouer de grosses lacunes dès lors que l’on parle de la Grèce. Un pays aussi riche sur le plan historico-culturel abrite effectivement des groupes de qualité, chose que je ne peux malheureusement que supposer. Mais plutôt que de m’atteler tout de suite à écouter les grands noms, peut-être ma porte d’entrée sur la scène est-elle infiniment plus modeste, en l’occurrence grâce à un premier EP plutôt confidentiel, Cruelty of Life par le projet athénien Animal Man Machine. Pourtant très générique en apparence, celui-ci recèle pourtant de très bonnes idées qui ne manquent pas de rendre nostalgique.

Il faut dire qu’il fallait sauter le pas pour se forcer à découvrir la première sortie de Animal Man Machine. Une pochette vue et revue, bâtie sur une gravure que n’importe quel auditeur de black metal connaît désormais par coeur — son utilisation la plus connue reste peut-être celle des Suédois de The Black sur l’album The Priest of Satan —, sans compter un intitulé d’EP qui laisse perplexe et un logo fait à la va-vite. Néanmoins, il serait dommage de s’arrêter à ces futilités visuelles, car Animal Man Machine a plus d’un atout dans sa besace pour contenter son auditoire.

Sur le modèle de ce qui a pu être fait au coeur des années 90, à l’image d’un certain projet nommé Burzum (sans que la comparaison dépasse le stade technique), le projet grec construit son black metal sur un tempo lent — voire très lent —, lui-même accompagné de guitares lancinantes à souhait et de chants éraillés enregistrés à l’aide d’un piètre micro. Et pour tout dire, même si l’évidente pauvreté de l’ensemble peut effectivement être pointée du doigt, on se laisse bercer docilement au rythme léthargique de la batterie. Quelques claviers entrent même dans la danse, tout en retenue, comme pour apporter une pointe de mysticisme à des riffs déjà très intrigants. Bien que long de plus de sept minutes, le titre introductif « Enter the Darkness » rassemble toutes ces caractéristiques et hypnotise réellement son public.

La cadence s’accélère un temps avec « Obscurity », pour finalement laisser place à « Walk Through the Fields of Sorrow » et à ses divagations ambient et électroniques. Un titre qui sent bon les vieux claviers et leurs sonorités vintage, qui assume parfaitement son rôle de moment charnière de l’EP, et qui rappelle également au bon souvenir du temps où il était monnaie courante d’ajouter ce genre de titre à des albums de black metal. Vient ensuite le titre éponyme, dont l’énergie — terme tout à fait relatif compte tenu de la rythmique moyenne de l’EP — fait directement suite à celle de « Obscurity ». La température monte une dernière fois sur « Telos » mais seulement l’espace d’une grosse minute, le temps de laisser place à « The Lament » pour clore l’album sur une note plus profonde. Le titre final, exclusivement composé d’un chant orthodoxe grec grandement distordu, apporte une réelle saveur à cette fin d’écoute.

Pour sa toute première sortie, le projet grec Animal Man Machine a fait l’étalage d’un certain nombre de bonne idées. Si on peut légitimement estimer que The Cruelty of Life a un côté trivial et convenu, il est important de ne pas occulter son caractère authentique et son pouvoir d’évasion. On attend impatiemment de voir si Animal Man Machine peut faire tout aussi bien à un format plus important. Avec, espérons-le, une identité graphique plus personnelle et travaillée…

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